Autisme (troubles envahissants du développement)

Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016

L’autisme fait partie des troubles envahissants du développement (TED) classés par l’Organisation mondiale de la Santé (Classification internationale des maladies – CIM-10) dans les troubles du développement psychologique : « C’est un groupe de troubles caractérisés par des altérations qualitatives des interactions sociales réciproques et des modalités de communication, ainsi que par un répertoire d’intérêts et d’activités restreint, stéréotypé et répétitif. ».

L’autisme fait partie des troubles envahissants du développement (TED) classés par l’Organisation mondiale de la Santé (Classification internationale des maladies – CIM-10) dans les troubles du développement psychologique : « C’est un groupe de troubles caractérisés par des altérations qualitatives des interactions sociales réciproques et des modalités de communication, ainsi que par un répertoire d’intérêts et d’activités restreint, stéréotypé et répétitif. ».

Plusieurs catégories de TED sont identifiées dans la CIM-10.

  • Autisme infantile : c’est un trouble envahissant du développement qui apparaît précocement dans l'enfance (avant 3 ans).
  • Autisme atypique : il se distingue de l’autisme infantile en raison de l’âge de survenue (après 3 ans) ou de la symptomatologie (il n’est pas nécessaire que les manifestations pathologiques répondent aux critères de chacun des domaines touchés : communication, interactions sociales, comportement).
  • Syndrome de Rett : présence d’une altération grave du langage, versant expressif et réceptif, associée à un retard psychomoteur sévère
  • Hyperactivité associée à un retard mental et à des mouvements stéréotypés
  • Syndrome d’Asperger : caractérisé par l’absence de tout retard du langage (versant expressif ou réceptif) et du développement cognitif, ainsi que par des capacités particulières isolées, fréquemment en rapport avec des préoccupations atypiques.

Le diagnostic de l’autisme et des TED est clinique. Il n’existe aucun marqueur biologique et aucun test diagnostique connu à ce jour. Le diagnostic requiert l’intervention coordonnée et pluridisciplinaire des professionnels en lien avec la famille : Centres d’Action Médico-Sociale Précoce (CAMSP), service de psychiatrie infanto-juvénile, de pédiatrie, et centres de ressources autisme (CRA).

Signes cliniques

Les troubles envahissants du développement se caractérisent par un certain nombre de symptômes cliniques :

  • altération du fonctionnement sensoriel :réactivité particulière aux différentes stimulations sensorielles (hyporéactivité, hyperréactivité ou recherche de stimulations sensorielles) ;
  • perception visuelle du mouvement humain particulière : cela peut influencer divers comportements, comme les interactions sociales, le décodage des mimiques faciales ou les émotions d'autrui ;
  • altération des fonctions motrices : en particulier les fonctions d’organisation du mouvement (fonctions de coordination visuomanuelle, d’anticipation des ajustements posturaux, de la planification du mouvement et d’intention qui suppose une motivation pour agir et l’organisation de l’action vers un but) ;
  • le fonctionnement cognitif est caractérisé chez certaines personnes avec TED par :
    • des performances supérieures à la moyenne de la population générale, en particulier dans les tâches nécessitant un traitement de l’information centré sur les détails, 
    • des difficultés d’adaptation au changement, 
    • des difficultés dans les fonctions exécutives, en particulier la mémoire de travail,
    • des difficultés pour attribuer un état mental aux autres et à soi-même,
    • un traitement préférentiel de tous les stimuli de façon fragmentée en insistant sur les détails (niveau local) plutôt que comme un tout intégré et significatif (niveau global).
  • fonctionnement émotionnel particulier : faible compréhension des expressions des autres ; entraînant une difficulté à s’harmoniser avec ceux-ci et à partager sur le plan émotionnel
  • altération des fonctions de communication : au niveau de l’attention conjointe, de l’imitation et du langage ;
  • altération de la fonction du langage : allant d’une absence de langage à une atteinte limitée à la pragmatique du langage ;
  • particularités au niveau des fonctions sensorielles et de la douleur : les douleurs somatiques peuvent se traduire par une apparition de troubles du comportement ou de conduites de retrait (automutilation, destruction, stéréotypies, agressivité physique et problèmes d’alimentation).

Quels sont les troubles associés ?

Les associations les plus fréquentes sont :

  • les troubles du sommeil : ils constituent une des plaintes les plus fréquemment rapportées par les familles ;
  • les troubles psychiatriques : chez les adultes avec TED sans retard mental, l'anxiété et ladépression sont les troubles psychiatriques associés les plus fréquents. Chez l'enfant avec TED, c’est le trouble « déficit de l'attention - hyperactivité » ;
  • l’épilepsie : le risque d’épilepsie est plus élevé chez les personnes avec TED associé à un retard mental que chez les autres. L'incidence de l'épilepsie chez les personnes avec TED a une répartition bimodale : un premier pic chez les enfants d'âge préscolaire et un deuxième pic à l'adolescence ;
  • le retard mental : chez les personnes avec autisme infantile, 70 % présentent un retard mental associé (40 % de retard mental profond et 30 % de retard mental léger). La prévalence du retard mental est plus faible dans les catégories « autisme atypique ». Il n'y a pas de retard mental dans le syndrome d'Asperger ;
  • certaines maladies génétiques monogéniques : les plus fréquentes sont le syndrome de Rett, le syndrome du X-fragile et la sclérose tubéreuse de Bourneville.

Qui est concerné ?

En 2009, la prévalence estimée des TED était de 6 à 7 pour mille personnes de moins de 20 ans. Pour l’autisme infantile, elle est de 2 pour mille personnes de moins de 20 ans. 

Les TED sont plus fréquents chez les garçons que chez les filles (plus particulièrement l’autisme infantile : 4 garçons pour une fille).

Quelles évolutions ?

Le fonctionnement des personnes avec TED évolue tout au long de la vie en fonction de la sévérité des symptômes, de l’âge de la personne, de son développement, de ses expériences, de la qualité et de l’intensité de son accompagnement.

Le diagnostic initial d’autisme infantile reste stable pendant toute la vie dans 80 % à 92 % des situations étudiées. Cependant, les symptômes de l'autisme peuvent se modifier au cours de la vie :

  • communication et langage : ces fonctions peuvent s'améliorer pendant la trajectoire de vie entière, en particulier la communication non verbale. Lors du passage de l’adolescence à l’âge adulte, des améliorations de la communication et du langage sont observées chez environ une personne sur deux. Cependant, si l'enfant avec autisme infantile n'a pas développé un langage fonctionnel à l'âge de 5 ans, la probabilité de l’acquérir devient de plus en plus faible avec l’âge ;
  • troubles des interactions sociales : c’est l'élément le plus persistant de la triade autistique au cours de la vie. Environ 50 % des personnes avec autisme infantile présentent des troubles sévères des interactions sociales à l'âge adulte ;
  • comportements stéréotypés : une réduction est observée chez environ une personne sur deux avec autisme infantile lors du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Néanmoins, environ une personne sur cinq avec autisme infantile garde à l’âge adulte des troubles sévères du comportement ;
  • expression des émotions : elle s'améliore à l'âge adulte, plus particulièrement chez les personnes avec autisme infantile sans retard mental (QI > 70).

Quelles sont les causes ?

Les données épidémiologiques donnent des arguments en faveur de la nature multiple des facteurs étiologiques des TED avec une implication forte des facteurs génétiques dans leur genèse. Les facteurs psychologiques parentaux, en particulier maternels, et les modalités d’interactions précoces n’expliquent en aucune façon la survenue de TED.

Comment traiter l’autisme ?

Il n’y a pas de traitement curatif de ce trouble à l’heure actuelle. Néanmoins, les études sur les stratégies éducatives montrent que la précocité des stimulations offertes par les dispositifs éducatifs et de soins constitue un facteur positif d’influence sur l’évolution des troubles.

Des approches comportementalistes américaines (méthodes ABA, TEACCH) ont tendance à se développer depuis quelques années. Elles ont pour objectif de favoriser l’autonomie par un programme d’apprentissage de comportements adaptés.

Où trouver de l’aide ?

  • Médecin généraliste : il est conseillé de demander l’avis de son médecin généraliste qui peut, le cas échéant orienter vers un spécialiste ;
  • Centre médico-psychologique : les services de psychiatrie publique pour enfants et adolescents proposent des consultations et prises en charges pour tous les troubles psychiques ;
  • Centre ressource Autisme : lieu de diagnostic, d'orientation et d'information des parents, de formation des professionnels et de coordination de la recherche dans le domaine de l'autisme. Présent dans chaque région.
  • Les associations d’usagers apportent information, entraide et soutien.

Rédaction

Synthèse réalisée par Marc Oeynhausen à partir du document de la Haute autorité de santé (HAS) : « Autisme et autres troubles envahissants du développement. État des connaissances hors mécanismes physiopathologiques, psychopathologiques et recherche fondamentale », HAS octobre 2011. Dernière mise à jour, août 2016.

À retrouver sur http://www.psycom.org/Espace-Presse/Sante-mentale-de-A-a-Z/Autisme-troubles-envahissants-du-developpement
Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016
Organisme public d’information, de formation et de lutte contre la stigmatisation en santé mentale.
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