Bas, bandes et manchons de compression : de l’indication à la prescription

Information proposée et validée par Haute Autorité de Santé - HAS Publiée le 21/03/2013

Anne-Sophie Grenouilleau
Chef de projet – HAS

La HAS a évalué les dispositifs de compression médicale, quelles sont ses conclusions quant à leurs indications ?
Les dispositifs de compression sont indiqués dans les affections veineuses chroniques, qui concernent plusieurs millions de personnes en France, mais aussi dans la maladie thromboembolique veineuse et le lymphoedème. En médecine de ville, toutes indications confondues, seuls 2 % des patients concernés ont aujourd’hui une prescription de dispositifs de compression. Certains ne les utilisent probablement pas. Il existe donc des marges de progression sur lesquelles le médecin traitant peut jouer un rôle important : la prescription et l’incitation à l’observance.

 HAS_A&P_28_moyen

Afficher le schéma en grand format
infographie : Pascal Marseaud

  

Lorsqu’un dispositif compressif est indiqué, lequel choisir ?
Le principe actif commun à tous les dispositifs de compression (les bandes, les manchons et les différents bas : chaussettes, bas-cuisse et collants) est la pression. Celle qui est exercée par une bande dépend de la technique de bandage et de l’opérateur. En revanche, la pression est prédéterminée par le fabricant pour un bas ou un manchon. À pression égale, il n’y a pas de différence d’efficacité entre les produits ; notamment entre les chaussettes, les bas-cuisse et les collants. L’efficacité du traitement dépend alors de la qualité de l’observance par le patient. Le choix du dispositif se fait donc en fonction de la commodité d’emploi, du confort du patient et de la durée de traitement. Les bandes sont plutôt adaptées pour une durée courte. Leur pose est un geste technique, à réserver à un personnel entraîné. Les bas et les manchons sont davantage adaptés à une utilisation à long terme, or souvent il s’agit d’un traitement « à vie ».


Quelle est la place des dispositifs compressifs dans la prévention de la  thrombose veineuse profonde ?
L’utilisation de ces dispositifs est recommandée chez tout patient à risque thromboembolique accru, en complément du traitement anticoagulant ou seule lorsque ce dernier n’est pas indiqué. Les situations à risque les plus souvent rencontrées par les médecins généralistes sont médicales, notamment en cas d’immobilisation durable : infection avec fièvre prolongée, cancer à risque thrombogène, certaines cardiopathies, certaines maladies inflammatoires, antécédents de thrombose veineuse. L’utilisation d’une compression de 15 à 20 mmHg est recommandée. Le risque de pose incorrecte et d’effet garrot lié au bas-cuisse fait préférer les chaussettes. Leur port doit être bilatéral, jour et nuit, tant que persiste le risque thromboembolique et même après la reprise de la marche. Le risque de thrombose est également accru pendant la grossesse et après l’accouchement. Une compression par bas est indiquée, que la femme ait une maladie veineuse chronique préexistante ou pas, et pendant les six semaines qui suivent l’accouchement. Généralement, 15 à 20 mmHg sont recommandés. Les collants de maternité ne sont pas plus efficaces que les bas-cuisse ou les chaussettes.

  

guillemet_hautEn ville, seuls 2 % des patients pour lesquels un dispositif de compression médicale est indiqué en bénéficient.

  

Et dans le traitement curatif de la thrombose veineuse profonde ?
Il est conseillé d’associer aux anticoagulants un dispositif de compression. De façon exceptionnelle, la compression est utile seule si les anticoagulants sont contre-indiqués. Le médecin traitant peut prescrire des bandes, ou des bas de 20 à 36 mmHg de pression. Après une thrombose veineuse profonde proximale, le traitement compressif sera maintenu pendant deux ans pour prévenir un syndrome postthrombotique. La compression médicale est aussi indiquée pour traiter un syndrome postthrombotique. Le niveau de pression dépend alors de ses manifestations.

Quelles sont les contre-indications de la compression médicale ?
Ses contre-indications absolues sont la microangiopathie diabétique évoluée, pour une compression supérieure à 30 mmHg, la phlegmatia coerulea dolens ou phlébite bleue douloureuse avec compression artérielle, la thrombose septique et l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs avec indice de pression systolique (IPS) inférieur à 0,6. Cet indice correspond au rapport entre la pression systolique à la cheville et la pression systolique humérale. Sa normale se situe entre 0,9 et 1,3.
Par ailleurs, des précautions d’emploi s’imposent en cas d’artériopathie oblitérante des membres inférieurs avec IPS compris entre 0,6 et 0,9, de neuropathie périphérique évoluée, de dermatose suintante ou eczématisée ou encore d’intolérance aux fibres utilisées. Ces situations nécessitent une surveillance médicale régulière du rapport bénéfice/risque.


Agir vite dans le lymphoedème  
                                                   

Un lymphoedème peut entraîner un handicap fonctionnel important et une altération marquée de la qualité de vie. Il peut aussi se compliquer, notamment d’érysipèle. Il est donc essentiel de le diagnostiquer et de le prendre en charge le plus tôt possible. Le médecin généraliste est souvent le premier consulté, par exemple pour une différence de volume des membres supérieurs après traitement d’un cancer du sein. Élément clé du traitement, la compression se déroule en deux phases :
• réduction du volume : au moins 5 jours par semaine pendant 1 à 6 semaines, bande de compression et dispositif de capitonnage en première intention, à la pression maximale tolérée ;
• maintien : au long cours avec réévaluation régulière, en première intention manchon avec main attenante pour un lymphoedème du membre supérieur, bas pour un lymphoedème du membre inférieur, à la pression maximale tolérée.


Pour en savoir plus, retrouvez :

• Le rapport d'évaluation  et les quatre fiches de bon usage des technologies de santé sur « Les dispositifs de compression médicale en pathologies vasculaires ».


 

Sommaire

À retrouver sur http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1032910/fr/bas-bandes-et-manchons-de-compression-de-l-indication-a-la-prescription
Information proposée et validée par Haute Autorité de Santé - HAS Publiée le 21/03/2013
La Haute Autorité de Santé, est une autorité publique, indépendante, à caractère scientifique, qui vise à assurer à tous les meilleurs soins. Elle trois missions principales : évaluer l’intérêt des médicaments, des dispositifs médicaux et des actes en vue de leur remboursement par l’Assurance maladie, élaborer des recommandations de bonnes pratiques pour les médecins, définir des parcours de soins, faciliter le bon soin, au bon moment pour le bon patient et certifier les hôpitaux et les cliniques, mesurer leur qualité. Par ses travaux, la HAS éclaire la décision des pouvoirs publics, accompagne les professionnels de santé, informe les personnes malades et les usagers du système de santé.
Haute Autorité de Santé - HAS
Le contenu proposé vous a-t-il été utile ?