Cancers féminins : le médecin traitant invité à jouer un rôle accru

Information proposée et validée par Haute Autorité de Santé - HAS Publiée le 21/03/2013

Dr Marie-Claude Hittinger & Dr André Morin
Chefs de projet – Service maladies chroniques et dispositifs d’accompagnement des malades – HAS 

L’Institut national du cancer (Inca) et la HAS ont récemment publié un guide destiné aux médecins sur le cancer invasif du col de l’utérus. Quels sont ses principaux messages ?
Le guide rappelle l’intérêt majeur du dépistage et le rôle important du médecin traitant pour s’assurer qu’il est bien effectué. En effet, l’origine infectieuse et l’évolution lente de la plupart des cancers du col de l’utérus permettent un dépistage à un stade précancéreux Le dépistage repose sur un frottis cervico-utérin (FCU) réalisé tous les trois ans, après deux frottis annuels normaux, chez toutes les femmes de 25 à 65 ans. Or, près de 40 % de cette population-cible n’est pas ou est mal dépistée aujourd’hui.
Par ailleurs, le guide rappelle que la vaccination réduit le risque de cancer mais ne l’annule pas. Elle ne peut donc se substituer au dépistage.
Le cancer invasif du col utérin peut être révélé par des symptômes locaux non spécifiques dont notamment des métrorragies provoquées par les rapports sexuels. L’examen gynécologique peut retrouver des lésions évocatrices au niveau du col utérin : une induration déformant le col, une ulcération à bords irréguliers ou une forme végétante.
Le diagnostic repose sur l’examen histopathologique, un résultat de FCU normal ne suffisant pas devant un col macroscopiquement anormal à exclure le diagnostic de cancer du col utérin.
Le guide décrit les stratégies thérapeutiques selon le stade du cancer, les complications et les modalités du suivi. 
 

 guillemet_hautLe médecin traitant est en première ligne pour répondre aux questions que les patientes se posent sur les cancers féminins et leur prise en charge.

 
 

Afficher le schéma en grand format
infographie : Pascal Marseaud



Le cancer du sein, objet d’un deuxième guide élaboré dans le cadre du partenariat HAS-Inca, bénéficie d’un programme national de dépistage organisé. Quelle est la place du médecin traitant dans ce dispositif ?
Le médecin traitant a, là aussi, un rôle informatif et incitatif important. Les femmes de plus de 50 ans sont invitées à réaliser une mammographie de dépistage tous les deux ans mais un nombre encore trop important d’entre elles ne le fait pas. Leur médecin traitant peut les encourager à participer à ce dépistage qui, en induisant un diagnostic et une prise en charge de plus en plus tôt, permet que le cancer du sein bénéficie d’un pronostic à long terme favorable, avec une survie moyenne à 5 ans estimée à près de 85 %.
Par ailleurs, le médecin traitant est souvent le premier sollicité par des patientes qui présentent une anomalie à la palpation du sein.
Il demande alors une mammographie, complétée si nécessaire par une échographie. Si les résultats de ces examens évoquent un cancer, il adresse la patiente à un centre agréé en cancérologie, où sera réalisé un examen anatomopathologique sur prélèvement biopsique pour confirmation du diagnostic.
Le traitement repose sur la chirurgie et/ou la radiothérapie et/ou la chimiothérapie (incluant les thérapies ciblées) et/ou l’hormonothérapie. Comme les autres guides « médecin » ALD, celui concernant le cancer du sein vise notamment à aider le médecin à répondre aux questions de ses patientes atteintes de cette affection.
Le document indique les différentes techniques chirurgicales utilisées, incluant la technique du ganglion sentinelle, moins connue que le curage pour l’exploration des ganglions axillaires.
Le médecin traitant joue aussi un rôle majeur dans le suivi à long terme et la gestion des éventuelles complications – soit au cours du traitement soit au décours de celui-ci – ainsi que dans la gestion des séquelles, tel par exemple le lymphoedème, dont la prise en charge associe kinésithérapie, port quotidien d’un manchon compressif et antalgiques.

Le pronostic du cancer de l’ovaire est plus sombre. Comment l’améliorer ?
En le diagnostiquant plus tôt. Les tumeurs de l’ovaire sont souvent découvertes à un stade avancé. Le guide met l’accent sur les différents signes devant faire évoquer un cancer de l’ovaire : une femme d’environ 65 ans qui se plaint de symptômes abdominopelviens non spécifiques, d’installation récente, perdurant quelques semaines, non expliqués par une affection digestive (cf. infographie).
Le facteur de risque le plus important du cancer de l’ovaire est une prédisposition génétique retrouvée dans 10 % des cas.
Outre l’examen clinique incluant les touchers pelviens, l’examen de première intention est l’échographie abdominopelvienne suspubienne et endovaginale.
Les traitements chirurgicaux gynécologiques prescrits selon le stade de la maladie sont décrits ainsi que la place de la chimiothérapie.
Des modalités de surveillance alternée entre le médecin traitant et l’équipe spécialisée sont proposées. 
 


Des guides destinés aux patientes                                                        
Découlant des guides « médecin », trois guides d’information sur ces cancers 
ont été élaborés, également avec l’Inca, à l’attention des patientes. Ils sont        
adressés aux médecins traitants au moment de la signature du protocole ALD,
afin qu’ils puissent les remettre à leurs patientes au moment qu’ils jugent le       
plus approprié.
Ces guides apportent aux patientes une information sur la prise en charge de leur maladie et un lien vers des ressources disponibles. Ils visent aussi à faciliter les échanges entre les patientes et les professionnels de santé.

 
Pour en savoir plus, retrouvez sur les sites de l'Inca et de la HAS les guides médecin ALD n° 30 sur les cancers ainsi que les listes des actes et prestations afférentes. 

 

 Sommaire

À retrouver sur http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_998976/fr/cancers-feminins-le-medecin-traitant-invite-a-jouer-un-role-accru
Information proposée et validée par Haute Autorité de Santé - HAS Publiée le 21/03/2013
La Haute Autorité de Santé, est une autorité publique, indépendante, à caractère scientifique, qui vise à assurer à tous les meilleurs soins. Elle trois missions principales : évaluer l’intérêt des médicaments, des dispositifs médicaux et des actes en vue de leur remboursement par l’Assurance maladie, élaborer des recommandations de bonnes pratiques pour les médecins, définir des parcours de soins, faciliter le bon soin, au bon moment pour le bon patient et certifier les hôpitaux et les cliniques, mesurer leur qualité. Par ses travaux, la HAS éclaire la décision des pouvoirs publics, accompagne les professionnels de santé, informe les personnes malades et les usagers du système de santé.
Haute Autorité de Santé - HAS
Le contenu proposé vous a-t-il été utile ?