Contraception et acné

Information proposée et validée par Santé publique France - Fil santé jeunes Publiée le 17/11/2016

Au moment de la puberté, il arrive qu’on développe de l’acné. Ces petits boutons disgracieux peuvent devenir gênants quand ils ne sont pas traités. Pour vous les filles, il peut y avoir un effet (négatif ou positif) de la contraception hormonale sur l’acné. Du côté des garçons, en revanche, aucun effet dû au préservatif mais des solutions existent quand même. On essaie de vous donner quelques infos-clés !

Au départ, une histoire de « profil hormonal »

Prendre une contraception hormonale, c’est apporter des hormones de synthèse à l’organisme, afin de bloquer l’ovulation et de modifier la glaire cervicale, pour d’éviter une grossesse non désirée. Quand on est ado, on a les hormones sexuelles qui s’activent (c’est le principe de la puberté) et la rencontre de ces hormones sexuelles avec les hormones de synthèse apportées par la contraception peut s’avérer « hormonalement » difficile.

Les contraceptions combinées (pilules mini-dosées, patchanneau) délivrent toutes de l’œstrogène, hormone qui a l’avantage de modérer l’acné. Elles contiennent également de la progestérone et c’est là que peut survenir le problème, en fonction du profil hormonal de la jeune fille. Cela est surtout vrai pour la pilule car les dosages diffèrent de l’une à l’autre.

On distingue en général deux profils hormonaux :

–    Une fille qui a des règles très abondantes, douloureuses, des seins qui gonflent en fin de cycle a naturellement un « profil œstrogénique ». Elle se sentira plus confortable avec une pilule à « climat progestatif ».

–    A l’inverse, une fille qui a beaucoup d’acné et/ou une tendance à l’hirsutisme (un excès de pilosité) a plutôt un « profil progestatif ». Cette acné devrait donc être améliorée avec une pilule à « climat œstrogénique ».

Pourquoi la pilule a-t-elle une incidence sur l’acné ?

Les pilules contiennent toutes de la progestérone de synthèse qu’on appelle Pg (les mini dosées contiennent également des œstrogènes, autre hormone de synthèse). Le Pg se fixent sur les récepteurs de la glande sébacée et ont ainsi une action directe sur la production de sébum (graisse) et donc la formation des boutons d’acné. Plus une pilule contient un Pg qui a une grande affinité pour les récepteurs, plus elle risque d’induire de l’acné.

Mais attention, voici quelques mises en garde :

•    Les femmes à la peau acnéique ne peuvent pas utiliser tous les moyens de contraception qui sont sur le marché.

•    La pilule n’est pas miraculeuse. Elle n’est pas indiquée dans l’acné très sévère car elle ne pourra pas la traiter.

•    Lorsqu’on a de l’acné modérée, la pilule peut être efficace. Dans tous les cas, les consultations chez le dermatologuesont à continuer. En association avec la pilule, il pourra prescrire un traitement local.

•    Il existe une grande variabilité d’efficacité. Une même pilule peut induire une diminution de l’acné chez une femme, alors qu’elle induira une aggravation de l’acné chez une autre. On n’est pas toutes logées à la même enseigne !

•    La pilule est un traitement « suspensif » ce qui veut dire que dans la majorité des cas, l’arrêt de la pilule entraîne une rechute de l’acné.

Quelle contraception privilégier en cas d’acné ?

Tu as sûrement entendu parler de « générations » de pilule. Ce terme désigne la classification des Pg  en fonction de leur affinité plus ou moins grande aux récepteurs de la glande sébacée. Ainsi les Pg de 1ère  génération, et certains de 2ème  génération sont très réceptifs donc à éviter si on a un profil « progestatif ». C’est pour ces raisons que l’implant et le DIUhormonal (contenant ce type de Pg) sont également à éviter pour ce type de profil.

Les Pg de 3ème  ou 4ème génération ne sont pas androgéniques, c’est-à-dire que c’est l’œstrogène qui s’impose, et le climat de cette pilule est œstrogénique. C’est donc plutôt vers celles-ci qu’on se tourne. Malheureusement, elles ont l’inconvénient, pour la plupart, de ne pas être remboursées par la sécurité sociale.

Enfin, certains contraceptifs ont un effet neutre sur l’acné : ils ne l’atténuent pas, mais ils ne la provoquent pas non plus. Il s’agit de l’anneau vaginal, du patch, et de certaines pilules de troisième et de quatrième génération.

Pour y voir plus clair : un bilan hormonal ?

Les bilans hormonaux sont coûteux et doivent être demandés pour une raison valable.

On en demande essentiellement lorsque les signes cliniques montrent l’action importante des hormones mâles (les androgènes) par :

•    Des troubles des règles qui demeurent irrégulières 2 ans après l’apparition des premières règles, avec tendance au surpoids.

•    Association à l’acné d’une hyper pilosité (qui peut être discrète) dans les autres zones telles que le bas ventre, les seins, la racine des cuisses. Plus rarement d’une chute de cheveu, prédominante sur le dessus de la tête.

Parfois, ce sont certains signes cliniques de l’acné qui conduiront au bilan hormonal :

•    Acné qui atteint de manière plus importante le thorax, le cou, le menton.

•    Acné persistant après l’âge de 25 ans.

•    Acné résistant à un traitement par isotrétinoïne (Roaccutane® ou Curacné®) ou qui réapparaît rapidement après ce traitement.

Si tu souffres d’acné, des solutions existent. Le dermatologue et le professionnel qui réalise le suivi gynécologique (sage-femme, médecin traitant ou gynécologue) travaillent en étroite collaboration. N’hésite pas à les solliciter !

À retrouver sur http://www.filsantejeunes.com/contraception-et-acne-5132
Information proposée et validée par Santé publique France - Fil santé jeunes Publiée le 17/11/2016
Une équipe d’adultes aux compétences professionnelles complémentaires, habitués à répondre aux questions santé des jeunes. Nous avons tous l’expérience de l’écoute téléphonique sur le numéro vert Fil Santé Jeunes (0 800 235 236). Notre équipe est composée de professionnels de santé (médecins et psychologues) et chaque texte publié est validé par un comité de rédaction composé de plusieurs membres de l’équipe. Elle comporte aussi des professionnels du net. Notre accompagnement est totalement gratuit. Ce service est réservé aux jeunes de 12 à 25 ans
Santé publique France - Fil santé jeunes
Le contenu proposé vous a-t-il été utile ?