Drogues illicites

Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016

Toutes les drogues illicites peuvent créer une dépendance, mais celle-ci est de nature variable selon les produits :

Le cannabis

C’est la substance illicite la plus utilisée au monde. Les feuilles et les tiges séchées constituent la marijuana ou herbe, fumée sous forme de joints (cigarettes), mais parfois ingérée par voie orale. La résine constitue le haschisch ou shit, le plus souvent fumé, mélangé à du tabac.

La surconsommation de cannabis peut provoquer des crises d’angoisse, voire paranoïaques et, chez des sujets fragiles, déclencher un état psychotique.

La fumée de cannabis contient des produits cancérigènes en grande quantité. La dépendance est plus rare que pour d’autres drogues, mais elle existe, en particulier la dépendance psychique.

Héroïne et opiacés

Poudre blanche (ou grise, ou brune, ou rose) qui peut être sniffée (prisée), shootée (injectée), plus rarement fumée (dans du tabac ou chauffée sur une feuille d’aluminium). Les effets recherchés sont le « flash » (sensation de plaisir intense), l’anesthésie et l’euphorie.

La dépendance à l’héroïne est marquée par une forte tolérance : tout usage régulier entraîne rapidement une augmentation des doses. Elle produit aussi uneforte dépendance physique.

Une fois l’organisme habitué au produit, l’arrêt de l’intoxication provoque un syndrome de sevrage ou « manque physique » (douleurs diffuses, angoisse, insomnie, nausées et vomissements, diarrhée). Les risques sont la surdose, qui peut conduire au coma avec dépression respiratoire, la contamination par le virus du sida (10 à 15% des utilisateurs), et surtout celui de l’hépatite C (plus de 50%).

La consommation de ces produits peut être également à l’origine de troubles anxieux et d’insomnies.

Cocaïne et crack

La cocaïne est une poudre blanche qui peut être prisée ou injectée. Les effets recherchés sont le sentiment de maîtrise de soi, d’augmentation des capacités intellectuelles, de « lucidité », de simplicité. Comme les amphétamines, elle augmente la vigilance, empêche le sommeil et gomme toute sensation de fatigue. Le crack est une forme particulière de cocaïne qui est fumée. L’effet survient en quelques secondes, plus rapidement que lors d’une injection, mais dure moins longtemps.

La dépendance est marquée par des impulsions irrésistibles à reprendre du produit (le « craving »). Les sevrages sont souvent suivis de phases dépressivesL’utilisation chronique de cocaïne peut entraîner des épisodes délirants de type paranoïde(idées de persécution), des états d’excitation avec agressivité voire des passages à l’acte. La cocaïne augmente le rythme cardiaque et la tension artérielle, avec des risques vitaux importants, notamment en cas de surdose.

Ecstasy

Cette drogue se présente en comprimés qui contiennent aussi souvent d’autres substances, dont des médicaments divers. Elle est surtout utilisée dans les milieux festifs « techno » : rave-parties, boîtes de nuit. Les effets recherchés sont l’euphorie, le sentiment d’éveil et la facilitation des contacts.

Elle peut entraîner une forme de dépendance et comporte des risques psychiques : crises de panique, épisodes aigus avec hallucinations et risque de passage à l’acte suicidaire.

Pour en savoir plus  voir la Brochure Psycom :Troubles addictifs (pdf - 507,25 ko)

Qui est concerné ?

Selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT, 2011 ), on compte en France 1,2 millions d'utilisateurs réguliers de cannabis, 500 000 pour l'héroïne, 400 000 pour la cocaïne et 150 000 pour l'ecstasy.

Comment traiter les addictions ?

La plupart des addictions sont des problématiques au long cours susceptibles de rechutes. Certaines doivent être prises en charge par des équipes pluridisciplinaires (hospitalisation, centres de cure et de post-cure).

La psychothérapie apporte un soutien et une information adaptée sur les mécanismes de la dépendance, les effets du sevrage. Elle permet de prendre du recul par rapport à ses problèmes, son histoire et le sens que peut y prendre l’addiction.

Des traitements médicamenteux peuvent être nécessaires dans la période de sevrage (traitements de substitution, antidépresseursanxiolytiques).

Où trouver de l’aide ?

  • Médecin généraliste : il est conseillé de demander l’avis de son médecin généraliste qui peut, le cas échéant orienter vers un spécialiste ;
  • Les centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA)assurent l’accompagnement médical, psychologique et social des personnes toxicomanes ;
  • Les consultations Cannabis présentes dans tous les départements, gratuites et anonymes, elles aident les consommateurs et leur famille (information, bilan, aide à l’arrêt, soins…) ;
  • Les Points accueil écoute jeunes (PAEJ) sont des lieux d’accueil, d’écoute et de parole qui s’adressent aux jeunes les plus en difficulté. Une de leurs missions est la prévention des conduites à risques ;
  • Les centres médico-psychologiques (CMP)des services de psychiatrie publiqueproposent des consultations et prises en charges pour tous les troubles psychiques (adresses dans les Pages jaunes) ;
  • Les associations d’usagers et groupes d’entraide mutuelle (GEM) apportent information, entraide et soutien.

Rédaction

Dr Marc Valleur (psychiatre, Centre Marmottan – GPS Perray-Vaucluse) et Aude Caria, (psychologue, Psycom75). Synthèse réalisée par Marc Oeynhausen à partir de la brochure Psycom « Les troubles addictifs », septembre 2011.

À retrouver sur http://www.psycom.org/Espace-Presse/Sante-mentale-de-A-a-Z/Drogues-illicites
Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016
Organisme public d’information, de formation et de lutte contre la stigmatisation en santé mentale.
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