Electroconvulsivothérapie (ECT)

Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016

Inventée par deux psychiatres italiens, la méthode de l’électrochoc a été utilisée pour la première fois en 1938 sur un patient atteint de schizophrénie. L’électroconvulsivothérapie (ECT) ou sismothérapie – ses appellations scientifiques – vise à traiter les phases aigues de certaines pathologies mentales.

Qu’est-ce que l’ECT ?

Inventée par deux psychiatres italiens, la méthode de l’électrochoc a été utilisée pour la première fois en 1938 sur un patient atteint de schizophrénie. L’électroconvulsivothérapie (ECT) ou sismothérapie – ses appellations scientifiques – vise à traiter les phases aigues de certaines pathologies mentales. Elle consiste à provoquer une crise d’épilepsie chez le patient au moyen d’un courant électrique à administration transcrânienne, sous anesthésie générale. Ses indications et conditions de réalisation ont été  précisées par la Fédération française de psychiatrie (FFP).  

Selon la Société française d'anesthésie et de réanimation (SFAR), en 1999 : « Il est recensé 200.000 actes d'ECT par an en Grande-Bretagne, 100.000 aux États-Unis. En France, il est difficile d'avoir des données chiffrées sur la fréquence d'application de cette thérapeutique. Le nombre d'ECT serait proche de 70.000 par an .»

Consentement obligatoire du patient

Selon la loi du 4 mars 2002, « Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment. Lorsque la personne est hors d'état d'exprimer sa volonté, aucune intervention ou investigation ne peut être réalisée, sauf urgence ou impossibilité, sans que la personne de confiance, ou la famille, ou à défaut un de ses proches, ait été consulté ».   

Fin 2010, un rapport du Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) a insisté sur cette notion : « Pour tout recours à la sismothérapie, le consentement éclairé et écrit du patient (ou de son tuteur ou curateur, lorsque la personne concernée fait l’objet d’une mesure de protection) – fondé sur une information exhaustive et compréhensible – doit être sollicité et conservé dans le dossier du patient. Le traitement ne devrait pas être administré tant que ce consentement n’a pas été obtenu. Il convient également de mettre en place un registre spécifique destiné à recenser les recours à ce type de soins (paragraphe 138). »
Pour en savoir plus sur les soins psychiatriques et le consentement.

Quels patients, pour quels bénéfices ?

Selon les recommandations pour la pratique clinique élaborées par la FFP, la décision de recourir à l’ECT repose sur un examen approfondi du patient par le médecin spécialiste, qui vérifie l’échec ou l’impossibilité de recourir aux autres traitements disponibles. 

Les pathologies indiquées sont :

La dépression majeure

En première intention lorsque le pronostic vital est engagé (risque suicidaire, altération grave de l’état général) ou en deuxième intention lorsque les traitements médicamenteux ont échoué, l’ECT a démontré son efficacité à court terme pour soulager 85 à 90% des patients. Au-delà des séances initiales, le taux élevé de rechutes dépressives implique souvent des séances de consolidation.
Pour en savoir plus sur les dépressions .  

Les accès maniaques

L’ECT est aussi efficace que le lithium comme traitement de l’accès maniaque aigu chez des patients recevant des neuroleptiques, lorsque l’agitation est mal contrôlée.
Pour en savoir plus sur les troubles bipolaires.

La schizophrénie

L’association de l’ECT aux neuroleptiques peut être envisagée lorsque ceux-ci sont insuffisamment efficaces, notamment quand l’intensité de l’angoisse fait courir un risque de passage à l’acte.
Pour en savoir plus sur les troubles schizophréniques.

Certains troubles de l’humeur sévères concomitants à des pathologies somatiques (démence, sida, maladie de Parkinson…). Les personnes âgées et les femmes enceintes peuvent être traitées par ECT, sous surveillance obstétricale pour ces dernières. Le recours à cette technique chez les enfants de moins de 15 ans est exceptionnel. 

Comment se déroule le traitement ?

Après un bilan complet et une consultation avec le médecin anesthésiste, la séance d’ECT se déroule sous anesthésie générale courte et curarisation. L’injection de curare vise à paralyser momentanément l’appareil musculaire, afin d’éviter les accidents ostéo-articulaires. L’ECT consiste à délivrer dans le crâne du patient des stimulations électriques répétées et de très courte durée (moins de 8 secondes), à l’aide d’un courant de très faible intensité (0,8 ampère). La séance se déroule en présence du médecin anesthésiste, du médecin psychiatre et d’une infirmière. 

Les séances peuvent être renouvelées 2 ou 3 fois par semaine et leur nombre total peut varier de 4 à 20, selon l’évolution de l’état de santé.

Contre-indications et effets indésirables

L’hypertension intracrânienne est une contre-indication absolue à l’ECT. Des contre-indications relatives existent, amenant le corps médical à évaluer le rapport bénéfice/risque pour chaque patient : existence de lésions intracrâniennes, hémorragie cérébrale ou infarctus du myocarde récents, décollement de la rétine, prise de certains traitements (ex : anticoagulant)… 

Le traitement par ECT comporte certains risques. La mortalité (1 pour 10 000 patients traités ou 2 pour 100 000 séances) est comparable à celle liée à l’anesthésie générale pour les interventions chirurgicales mineures. Le taux de morbidité est estimé à 1 accident pour 1300 à 1400 séances : laryngospasme, traumatisme dentaire, luxation ou fracture, défaillance circulatoire ou encore brûlure cutanée au point d’application des électrodes. 

Des troubles immédiats (état confusionnel, céphalées, nausées, douleurs musculaires) disparaissent en quelques minutes à quelques heures après la séance d’ECT. 

Enfin, l’ECT peut engendrer des pertes de mémoire et de l’orientation, le plus souvent transitoires mais qui peuvent, exceptionnellement, persister plusieurs mois.  

Questionnement éthique

Depuis les premiers essais en 1938,  une utilisation abusive et des accidents traumatiques en ont parfois résulté, discréditant cette technique. De nombreuses études ayant démontré son efficacité et sa bonne tolérance, elle est de nouveau pratiquée en France depuis les années 1990 (selon la CNAM, les hôpitaux publics ont ainsi traité 8534 patients en 2011), mais de façon très hétérogène selon les établissements. L’ECT suscite toujours des questionnements éthiques chez les professionnels de santé et parmi les usagers, d’autant que les soignants ne sont plus formés à l'accompagnement des patients traités par ECT.(Dominique FRIARD,Electroconvulsivothérapie et accompagnement infirmier - Editions Masson, Collection souffrance psychique et Soin -1999)

Synthèse réalisée par Catherine Holué à partir des documents listés dans la rubrique "sources", mars 2013.

À retrouver sur http://www.psycom.org/Espace-Presse/Sante-mentale-de-A-a-Z/Electroconvulsivotherapie-ECT
Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016
Organisme public d’information, de formation et de lutte contre la stigmatisation en santé mentale.
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