Handicap psychique

Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016

Le handicap psychique renvoie aux limitations rencontrées dans la vie quotidienne par les personnes souffrant de troubles psychiatriques. Les conséquences de la pathologie (ex : troubles de la volonté, altération de la vision du monde, somnolence provoquée ou renforcée par les traitements,…) peuvent impacter la vie sociale et professionnelle. 

Le handicap psychique renvoie aux limitations rencontrées dans la vie quotidienne par les personnes souffrant de troubles psychiatriques. Les conséquences de la pathologie (ex : troubles de la volonté, altération de la vision du monde, somnolence provoquée ou renforcée par les traitements,…) peuvent impacter la vie sociale et professionnelle. Cependant, l'appellation « handicap psychique» va au-delà de la symptomatologie ; ce sont les obstacles (ex : « rejet » dans le milieu professionnel, complexité administrative…) rencontrés qui, en interaction avec les limitations de la personne, vont perturber les habitudes de vie, compromettre l’accomplissement des activités quotidiennes ou des rôles sociaux et placer ou non la personne en situation de pleine participation sociale. Ainsi les difficultés s’expriment dans des contextes particuliers, c’est pourquoi on parle desituation de handicap d’origine psychique, par raccourci, de handicap psychique. Il peut y avoir une disproportion entre le poids du handicap et la gravité de la maladie (être atteint d’une pathologie psychiatrique lourde et être peu handicapé et inversement).

La part de la population française touchée par un trouble psychique pouvant entrainer un handicap est estimée à 1% (Rapport IGAS, Août 2011). 

Spécificité du handicap d’origine psychique

La symptomatologie étant instable et imprévisible, la mise en œuvre des capacités l’est également et nécessite une évaluation et une adaptation constante des interventions proposées. Bien que la réponse ne soit pas seulement médicale, le parcours de soin est un axe important du parcours de vie des personnes car la stabilisation de la symptomatologie va concourir à un maintien dans une vie plus ou moins  autonome et/ou une insertion sociale et professionnelle.

Le handicap psychique est caractérisé en particulier par des difficultés dans les relations sociales, un repli sur soi, une absence d’initiative... L’adaptation du milieu à la personne et l’accompagnement personnalisé sont des moyens de compensation particulièrement pertinents. Ainsi, les personnes en situation de handicap psychique peuvent être accompagnées par des établissements et services sociaux et médico-sociaux dans l’accomplissement de leur vie sociale et professionnelle (accès et maintien dans le logement, l’emploi, la formation, les loisirs…).

Alors que les capacités intellectuelles sont conservées et peuvent évoluer de manière satisfaisante, ce sont les difficultés dans leur mise en œuvre qui concourent à la situation de handicap psychique. Il convient donc de différencier le handicap psychique du handicap mental qui est la conséquence sociale d’une déficience intellectuelle.

Reconnaissance, évaluation et compensation du handicap d’origine psychique 

La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a permis plusieurs avancées en termes de droit et de protection des personnes en situation de handicap d’origine psychique.  

D’une part, elle définit le handicap comme « toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques »[1] (article L. 114). Ce faisant, elle  reconnait que des altérations des fonctions psychiques peuvent engendrer une situation de handicap et est décrite comme la loi reconnaissant le handicap psychique, au même titre que le handicap mental, sensoriel et moteur. Cette avancée a été largement favorisée par la mobilisation des associations d’usagers (FNAPSY[2]) et de familles (UNAFAM[3]).

D’autre part, elle instaure la création de la CNSA (Caisse Nationale de la Solidarité et de l'Autonomie) et des MDPH (Maisons Départementales des Personnes Handicapées) et introduit la notion d'accessibilité et de  compensation du handicap. Toute personne en situation de handicap peut exprimer ses besoins par l’intermédiaire du projet de vie via un dossier de demande. Une évaluation est effectuée et peut aboutir à l’ouverture de droits spécifiques :

  • allocations et prestations financières (60 % des personnes handicapées psychiques perçoivent une allocation, principalement l’allocation aux adultes handicapés, AHH) ;
  • orientations vers des structures d’accueil adapté ou vers le milieu ordinaire avec des préconisations d’adaptations.

L’évaluation des situations de handicap psychique reste, à ce jour, encore difficile. Puisque le handicap est sensible au contexte, évolutif et invisible, il nécessite des modalités d’évaluation spécifiques et longues à mettre en œuvre du fait de l’intervention de nombreux acteurs. Ce travail est d’autant plus complexe que les limitations dans la vie quotidienne peuvent faire l’objet d’un déni ou d’une minimisation par les personnes concernées ou leurs proches. Cette question fait actuellement l’objet de travaux.

[1]Loi n°2005-102 du du 11 février 2005  pour l’égalité des droits et des chances, la participation à la citoyenneté des personnes handicapées

[2] Fédération Nationale des Association d’Usagers en Psychiatrie

[3] Union Nationale des Familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques

 

Rédaction

Centre d'écoute et d'accueil sur les troubles psychiques, CEAPSY . Mai 2015 

À retrouver sur http://www.psycom.org/Espace-Presse/Sante-mentale-de-A-a-Z/Handicap-psychique
Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016
Organisme public d’information, de formation et de lutte contre la stigmatisation en santé mentale.
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