Hyperactivité

Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016

L’hyperactivité a été décrite pour la première fois en 1854 par un médecin allemand, Heinrich Hoffmann. On évoquait alors une instabilité psychomotrice, aussi appelée hypermobilité ou hyperkinésie et unedispersion de l’attention, généralement observée chez l’enfant. Jusque dans les années 1960, ce symptôme était considéré comme la conséquence d’un dysfonctionnement cérébral mineur. L’hyperactivité a ensuite été décrite comme un trouble psychique à part, appelé alors trouble déficitaire de l’attention (TDA), syndrome hyperactif ou trouble hyperkinétique.

Que-ce que l’hyperactivité ?

Historique

L’hyperactivité a été décrite pour la première fois en 1854 par un médecin allemand, Heinrich Hoffmann. On évoquait alors une instabilité psychomotrice, aussi appelée hypermobilité ou hyperkinésie et unedispersion de l’attention, généralement observée chez l’enfant. Jusque dans les années 1960, ce symptôme était considéré comme la conséquence d’un dysfonctionnement cérébral mineur. L’hyperactivité a ensuite été décrite comme un trouble psychique à part, appelé alors trouble déficitaire de l’attention (TDA), syndrome hyperactif ou trouble hyperkinétique.

Symptômes

Les enfants « hyperactifs » présentent les caractéristiques suivantes :

  • instabilité motrice : fébrilité, comportement moteur et sonore envahissant, agitation motrice, l’enfant continue à utiliser sa motricité comme un enfant qui vient d’acquérir la marche ;
  • instabilité psychique : l’enfant est en permanence sollicité par les stimuli externes, éparpillement, attention labile et changeante, pensée logique difficile, difficulté à terminer ses activités ;
  • difficultés scolaires, malgré une intelligence généralement préservée ;
  • difficultés relationnelles avec ses pairs et les adultes, liées à l’instabilité psychique (surinvestissement affectif ou rejet, se retrouve souvent en position de bouc-émissaire, a des difficultés à établir des relations stables) ;
  • angoisses psychomotrices : dans des situations génératrices d’angoisses (séparations, conflits intra-familiaux), l’enfant va réagir par une augmentation de son activité motrice
  • hyperémotivité : excitabilité, irritabilité, agressivité, réactions vives sur le plan affectif, variation (labilité) de l’humeur ;
  • sous-investissement du langage, communication par messages comportementaux
  • vulnérabilité somatique : incontinence urinaire (énurésie), retards de croissance, épisodes infectieux, accidents à répétition.

Diagnostic

La classification internationale des maladies (CIM-10) définit les troubles hyperkinétiques d’un côté par une une difficulté à fixer l’attention sur un plan psychique, et de l’autre par une agitation motrice incessante.

Le diagnostic and statistical manual of mental disorders (DSM-IV) parle de troubles d’hyperactivité avec déficit de l’attention (THADA). Il distingue les symptômes du déficit de l’attention et les symptômes de l’hyperactivité/impulsivité.

Les symptômes du déficit de l’attention :

  • Difficultés à prêter attention aux détails, étourderies ;
  • Difficultés à soutenir l’attention au travail ou dans les jeux ;
  • N’écoute pas lorsqu’on lui parle ;
  • Ne se conforme pas aux consignes, a du mal à mener à terme ses devoirs, obligations professionnelles, tâches domestiques ;
  • Difficultés à organiser ses travaux ou activités ;
  • Aversion du travail qui nécessite un effort mental soutenu ;
  • Perd souvent les objets nécessaires à son travail ou à ses activités (jouets, cahiers, crayons, outils) ;
  • Distraction facile par des stimuli externes ;
  • Oublis fréquents dans la vie quotidienne.

Les symptômes de l’hyperactivité/impulsivité :

  • Remue souvent les mains ou les pieds, se tortille ;
  • Se lève souvent en classe ou dans d’autres situations ou il est censé rester assis ;
  • Court ou grimpe partout ;
  • A du mal à se tenir tranquille dans les jeux ou activités de loisir ;
  • Est souvent « sur la brèche » ou agit comme étant « monté sur ressorts » ;
  • Parle beaucoup ;
  • Laisse échapper la réponse à une question qui n’est pas entièrement posée ;
  • A du mal à attendre son tour ;
  • Interrompt les autres ou impose sa présence.

Le diagnostic de chacun de ces deux troubles suppose la présence de six symptômes pendant au moins 6 mois. Certains symptômes, au moins, doivent être présents avant l’âge de 7 ans. Ils doivent provoquer une gêne fonctionnelle dans deux types d’environnement différents.

Une altération du fonctionnement social, scolaire ou professionnel doit également être constatée. Enfin pour pouvoir parler d’un trouble hyperactif, ces symptômes ne doivent pas être reliés exclusivement à un autre trouble psychique (troubles envahissants du développement, schizophréniestroubles anxieux,troubles dépressifs).

Qui est concerné ?

Selon une récente étude , environ 5% de la population scolarisée prépubère serait concernés par un trouble hyperactif. Il existe une forte prédominance masculine (3-9 garçons pour une fille). L’hyperactivité est fréquemment associée à d’autres troubles : le trouble oppositionnel (40 % des cas), les troubles de conduites (20 %), les troubles thymiques ou anxieux (20 à 30 %).

Quelles sont les causes ?

Il existe deux modèles théoriques distincts. Le modèleneuro-développemental, monofactoriel, considère l’hyperactivité comme la conséquence d’un trouble des processus d’attention, de concentration et de régulation du contrôle moteur.

La conception psychodynamique, polyfactorielle, considère le trouble hyperactif comme le résultat de la rencontre entre la constitution génétique, neurologique et cognitive de l’enfant et de son environnement (contexte familial et socio-culturel).

Comment traiter les troubles hyperactifs ?

  • Psychothérapies : il existe différentes formes de thérapies qui peuvent bénéficier aux enfants hyperactifs (notamment les thérapies comportementales et cognitives, lapsychothérapie de groupe, les thérapies familiales et systémiques et les techniques de relaxation analytiques).
  • Rééducation : les séances d’orthophonie et de psychomotricité en libéral, ainsi qu’une prise en charge en hôpital de jour ou dans des structures ambulatoires de la psychiatrie infanto-juvénile peuvent être prescrites, en fonctions des difficultés rencontrées par l’enfant. 

    Certains établissements médico-sociaux, comme les Institut médico-éducatifs (IME) ou Instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques (ITEP), prennent également en charge les enfants présentant ce symptôme.
  • Médicaments : les médicaments les plus utilisés actuellement sont le méthylphénidate (Ritaline® et Concerta®), des psychostimulants. Il s’agit d’amphétamines susceptibles, dans certains cas, d’améliorer l’attention et les performances intellectuelles. Leur prescription est réservée aux services de psychiatrie ou neurologie. Elle suppose un diagnostic clinique préalable. Ces médicaments ne doivent pas être utilisés avant l’âge de 6 ans. Ils peuvent provoquer des effets d’accoutumance, ainsi que des effets secondaires, comme l’insomnie, l’anxiété, l’irritabilité ou des retards de croissance.

    La Revue Prescrire  a émis un avis très prudent en avril 2011, estimant que le « méthylphénidate est un recours exceptionnel chez des enfants très perturbés. Son efficacité est modeste ».

Où trouver de l’aide ?

  • Médecin généraliste : il est conseillé de demander l’avis de son médecin généraliste qui peut, le cas échéant orienter vers un spécialiste ;
  • Centres médico-psychologiques : lesservices de psychiatrie publique pour enfants et adolescents proposent des consultations et prises en charges pour tous les troubles psychiques (A Paris : voir moteur de recherche du site – National : voir pages jaunes) ;
  • Les associations d’usagers et groupes d’entraide mutuelle (GEM) apportent information, entraide et soutien.

Rédaction

Synthèse réalisée par Marc Oeynhausen à partir de l’article Delion P., Goise B. (2003) « Instabilité psychomotrice chez l’enfant. Histoire des idées et réflexions actuelles », EMC Psychiatrie, (37-201-C-10), décembre 2011.

À retrouver sur http://www.psycom.org/Espace-Presse/Sante-mentale-de-A-a-Z/Hyperactivite
Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016
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