Idées reçues - Regarder les cancers autrement

Information proposée et validée par Institut national du cancer Publiée le 12/02/2015

Si vous ne trouvez pas l'information qui vous intéresse, n'hésitez pas à nous écrire ou à appeler notre ligne téléphonique anonyme d'information et d'orientation, joignable du lundi au samedi, de 9h à 19h, au 0 805 123 124 (service et appel gratuits).

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Faux

La recherche a connu de grandes avancées depuis une dizaine d'années ! Outre les progrès des techniques de diagnostic, la biologie moléculaire a permis d'identifier des anomalies génétiques présentes dans certaines tumeurs. Cela a conduit à développer des molécules qui agissent directement sur ces anomalies : les thérapies ciblées. Plus efficaces, présentant moins d'effets secondaires que la chimiothérapie classique, elles permettent de personnaliser le traitement en fonction des caractéristiques de chaque tumeur. L'une de ces molécules, l'imatinib, a véritablement révolutionné le traitement d'une forme de leucémie et de certains cancers digestifs. Mais elles ne permettent pas encore de traiter tous les cancers. A l'heure actuelle, une quinzaine de molécules de thérapie ciblée sont disponibles en France, et près de 500 sont en cours de développement dans le monde.

La recherche a également permis d'associer plus efficacement les traitements (la radiothérapie au cours d'une intervention pour un cancer du sein par exemple), de mettre au point des techniques chirurgicales moins mutilantes (cœlioscopie, ganglion sentinelle...), de rendre la radiothérapie plus précise de façon à préserver au maximum les organes voisins et à limiter ainsi les effets secondaires du traitement.

Le web-documentaire « Recherche sur les cancers : tout s'accélère » donnant la parole à dix chercheurs issus de différentes disciplines. Il met en lumière les axes de recherche actuels les plus prometteurs, avec pour fil rouge les avancées concourant au développement d'une médecine de précision.

Faux

C'est exactement l'inverse ! Le but du dépistage est de mettre en évidence une anomalie le plus précocement possible, en l'absence de signes, avant que la maladie ne s'aggrave. Une mammographie par exemple peut permettre de déceler des lésions dans le sein trop petites pour être perçues à la palpation. Ces lésions peuvent être bénignes, mais s'il s'agit d'un cancer, plus il sera détecté tôt, moins son traitement sera lourd et plus grandes seront les chances de guérison.

En France, deux types de cancers font l'objet d'un dépistage organisé par les pouvoirs publics : le cancer colorectal et le cancer du sein. Par ailleurs, la détection précoce des cancers de la peau et notamment du plus grave d'entre eux, le mélanome, est recommandée aux personnes considérées comme à risque.De même, la détection du cancer du col de l'utérus est recommandée aux femmes de 25 à 65 ans.

Vrai et faux

Le diagnostic de cancer ne veut pas systématiquement dire qu'un risque particulier existe pour les autres membres de la famille. Dans la très grande majorité des cas, le cancer n'est pas en relation avec le patrimoine génétique hérité des parents.

Si plusieurs cas de cancers sont observés dans une famille, cela est souvent dû à la fréquence actuelle des cancers (un homme sur trois et une femme sur quatre risquent aujourd'hui de développer un cancer au cours de leur vie, principalement après 50 ans).

Pour certains cancers toutefois, l'influence génétique est importante. Il s'agit par exemple du rétinoblastome (cancer de la rétine chez l'enfant), du cancer de la thyroïde de type « médullaire », du syndrome de Li Fraumeni ou des cancers du côlon liés à une polypose adénomateuse familiale.

Il arrive quelquefois que des membres d'une même famille soient touchés sur plusieurs générations par le même type de cancer diagnostiqué à un âge plus précoce que l'âge habituel. Dans ce cas, il peut exister dans la famille une prédisposition héréditaire en relation avec la présence d'un gène qui est abîmé (on dit que le gène a muté). Ceci favorise le développement du cancer à un âge jeune. On appelle ce type de gènes des gènes de prédisposition.

Par exemple, on estime qu'environ 5 à 10 % des cancers du sein sont liés à un risque héréditaire. Deux gènes de prédisposition aux cancers du sein sont connus, appelés BRCA1 et BRCA2.

De même, le syndrome HNPCC (abréviation de l'anglais Hereditary Non Polyposis Colorectal Cancer), également appelé « syndrome de Lynch », est une prédisposition héréditaire au cancer du côlon ou du rectum sans polypose. Deux gènes de prédisposition sont connus : MLH1 et MSH2. Cela concerne 2 à 5 % des cancers colorectaux. Dans ce cas, plusieurs membres d'une même famille développent des cancers colorectaux avant l'âge de 50 ans. Le site internet de l'association HNPCC France donne les informations concernant cette prédisposition génétique.

Il ne faut pas hésiter à parler à votre médecin de vos antécédents familiaux de cancer. Si besoin, il vous orientera, ainsi que vos proches s'il l'estime nécessaire, vers une consultation d'oncogénétique.

Faux

Il est vrai qu’il existe une multitude de facteurs de risque de cancers mais le tabac est de loin le principal facteur de risque évitable de cancers en France et dans le monde ! On estime qu’en France, il est responsable de 47 000 décès chaque année par cancer, en particulier par cancer du poumon. Une étude montre que les fumeurs perdent en moyenne 10 ans de vie (toutes causes de décès imputables au tabac confondues) ! Un lien est également avéré entre le tabac et d’autres localisations de cancers : cavité buccale, vessie, rein, côlon, rectum.

De plus, le tabac agit en interaction avec d’autres facteurs de risque (au premier chef, l’alcool) et multiplie le risque de certains cancers : le risque de développer un cancer de la cavité buccale est ainsi multiplié par 1,57 pour un fumeur qui ne consomme pas d’alcool et par 13 lorsque la personne fume et consomme de l’alcool !

La même étude montre également le bénéfice de l’arrêt du tabac à tout âge. Ainsi par exemple, arrêter de fumer à environ 39 ans réduit l’excès de risque de décès, toutes causes confondues, de 90 %. Ces anciens fumeurs présentent certes un excès de risque de décès de 20 % par rapport aux non-fumeurs, mais s’ils avaient continué à fumer, cet excès de risque serait de 200 % !

Arrêter le tabac est donc bénéfique pour la santé, quel que soit votre âge. Le risque de cancer diminue au fur et à mesure que passent les années sans tabac, il est presque réduit de moitié 5 ans après la dernière cigarette.

Vrai

On guérit aujourd'hui plus d'un cancer sur deux, contre un sur trois il y a trente ans. Ceci tient en premier lieu à des diagnostics plus précoces, notamment grâce aux dépistages. Or, pour de nombreux cancers, plus le diagnostic est précoce, plus les chances de guérison sont grandes. Par ailleurs, les techniques actuelles d'imagerie (scanner, IRM, TEP) permettent de réaliser des bilans extrêmement précis qui guident le chirurgien, le radiothérapeute. De nombreux progrès ont également été accomplis dans le domaine thérapeutique, avec par exemple les thérapies ciblées qui permettent aux patients, dans certains cas, de bénéficier de traitements « sur mesure »..

Il faut cependant savoir que la situation n'est pas identique pour tous les cancers. On en guérit certes plus d'un sur deux mais ce chiffre traduit de grandes disparités. En effet, certains cancers sont de meilleur pronostic que d'autres.

Oui.

Un certain nombre de patients, d'anciens patients, ainsi que les professionnels de santé conseillent à la personne malade de se faire accompagner par un proche lors des consultations quand cela est possible.

En effet, lors d'une consultation, il est difficile de se rappeler de tout ce qui est dit. Bien souvent, seul ce qui fait peur est retenu.

S'il est accompagné, le patient peut ensuite discuter plus au calme de tout ce qui a été abordé lors de la consultation. Bien souvent, cela facilite la compréhension des informations qui ont été échangées.

D'autre part, la présence d'un proche permet de soutenir la personne malade lors de la consultation et de l'aider dans ses décisions.

Ce peut être la personne de confiance désignée par le patient ou n'importe quelle autre personne de son choix..

Cependant, le patient préfère parfois se donner du temps avant d'impliquer un proche.

Il peut souhaiter ne pas en parler tout de suite afin de se sentir libre de choisir certains traitements ou d'organiser à sa façon certains aspects de sa vie quotidienne.

Oui

L'annonce d'un cancer est souvent vécue comme un choc qui s'accompagne d'une véritable angoisse. Dans un souci légitime d'éviter de transmettre cette angoisse à ses enfants, le patient préfère souvent ne rien leur dire et faire comme si rien ne se passait.

L'expérience des groupes de soutien aux enfants de parents malades et à leur famille a montré qu'il est préférable de privilégier un vrai dialogue parents-enfants, en évitant autant que possible de masquer la vérité.

En effet, les enfants perçoivent les changements que provoque la maladie : le parent malade s'est arrêté de travailler, il s'absente, il est plus fatigué, plus impatient ou triste, il peut avoir changé physiquement, avoir perdu ses cheveux...

Ces changements inquiètent l'enfant. Il cherche à savoir et à comprendre ce qui se passe, au risque de se sentir coupable. Même les enfants qui ne parlent pas encore perçoivent et ressentent tout ce qui peut se passer dans la famille.

Il est donc nécessaire de ne rien cacher aux enfants, quel que soit leur âge. Il ne faut pas avoir peur de certaines questions (« est-ce que maman va mourir ? ») ou de certains mots de l'enfant.

Utiliser son vocabulaire permet d'expliquer la situation à l'enfant, pas à pas, au rythme de ses questions, en essayant de rester authentique et soi-même.

Certains établissements de soins proposent des consultations ou des groupes de parole pour les enfants de parents malades. Des documents d'informations peuvent également aider les parents à expliquer aux enfants ce qu'est un cancer et leur permettre de mieux faire comprendre la maladie qui les touche.

Non.

Spécialisés dans la prise en charge psychologique des malades atteints d’un cancer, les psycho-oncologues les soutiennent pendant leur parcours de soins. Ils les aident à faire face à la maladie et aux traitements, à exprimer leur désarroi et leurs tensions. Lorsque les soignants constatent qu'une personne malade ou un proche est en grande souffrance morale ou présente des difficultés de communication, ils proposent des consultations auprès de ces professionnels.

Non

L'unité de soins palliatifs est un lieu où tous les traitements nécessaires sont poursuivis en privilégiant le confort et les besoins du patient. Leur objectif est de soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, mais aussi de prendre en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle.

Ils permettent aux patients de passer de bons moments avec leur entourage.

Dans certains cas, lorsque la personne malade retrouve un état de santé plus satisfaisant, elle retourne à son domicile.

Vrai

Le cancer n'est pas contagieux, mais certains cancers ont effectivement des origines infectieuses, c'est-à-dire qu'ils se développent à partir d'une infection causée par un virus ou une bactérie. Ainsi, les papillomavirus humains (HPV) sont susceptibles de causer des cancers du col de l'utérus et le virus de l'hépatite B est à l'origine de cancers du foie. Ces virus ne provoquent pas directement un cancer, mais entraînent une infection chronique qui en favorise l'apparition. Il existe un vaccin contre ces deux familles de virus. Dans ce cas du cancer du col de l'utérus, il est également possible de se faire dépister, vaccinée ou non, tous les 3 ans de 25 à 65 ans. 

Par ailleurs, une bactérie, Helicobacter pylori, est en cause dans la plupart des cas de cancers de l'estomac. Lorsqu'elle est diagnostiquée, cette infection relève d'un traitement antibiotique qui contribue à prévenir la survenue d'un cancer de l'estomac.

Faux

Cela n'a jamais été démontré. De nombreuses études scientifiques se sont penchées sur cette hypothèse, mais sans pouvoir mettre en évidence un lien de cause à effet. Une publication a passé en revue 32 de ces études et conclu ainsi : « Dans l'état actuel des connaissances, il paraît difficile de conclure à la responsabilité des événements stressants de la vie, d'un type de personnalité particulier ou d'une dépression dans l'apparition d'un cancer. ».

A ce jour donc, il n'existe pas de preuve scientifique d'un lien de cause à effet entre un choc psychique et la survenue d'un cancer.

À l'inverse, le fait d'avoir un cancer peut provoquer des signes d'anxiété et de dépression chez la personne malade ou ses proches. Des médicaments antidépresseurs sont parfois nécessaires et une thérapie peut être proposée.

Différents professionnels de santé (psychologues, psychiatres, psycho-oncologues) sont là pour vous aider si vous le souhaitez et peuvent vous proposer un traitement adapté.

Faux

Une chute ou un coup ne peuvent pas provoquer de cancer.

En revanche, il peut arriver qu'à la suite d'une chute ou d'un coup, on découvre une anomalie que l'on n'avait pas remarquée jusqu'alors. Le traumatisme révèle dans ce cas la présence d'un cancer, mais ne le provoque pas.

À retrouver sur http://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Regarder-les-cancers-autrement/Idees-recues
Information proposée et validée par Institut national du cancer Publiée le 12/02/2015
L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.
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