A la recherche des causes de cancers - Réduire les risques de cancer

Information proposée et validée par Institut national du cancer Publiée le 11/06/2014

Date de dernière mise à jour : 20/06/2014 L'une des premières étapes de la prévention des cancers est de connaître leurs déterminants, c'est-à-dire les facteurs susceptibles d'influer sur leur apparition. Les actions et les messages de prévention proposés par les autorités sanitaires reposent ainsi largement sur les connaissances issues de la recherche en épidémiologie.


La recherche en épidémiologie

L'épidémiologie est l'étude scientifique de la distribution des états de santé ou des maladies, ainsi que des facteurs qui les influencent. Ces facteurs et leur importance peuvent évoluer au cours du temps : c'est pourquoi les conclusions scientifiques et donc, les messages de prévention, sont régulièrement mis à jour.

Cette discipline se divise en trois branches :

  •  une branche « descriptive », qui étudie la fréquence et la répartition des maladies (ici : les cancers) dans le temps et suivant les territoires (région, pays, monde...), et qui suit leur évolution. Grâce à ces analyses, on sait que les cancers représentent la première cause de mortalité par maladie en France. Cette branche est indispensable pour guider la mise en place d'actions et de programmes publics visant à lutter et à contrôler les problèmes de santé ;
  •  une branche « analytique »qui recherche les causes de cancers et étudie la possibilité ou la probabilité d'en être atteint. Elle permet notamment d'identifier les groupes de personnes qui courent les plus grands risques d'en être atteintes. Elle offre ainsi la possibilité aux pouvoirs publics de mieux orienter, vers ces groupes, les efforts et les messages de prévention qui les concernent ;
  •  une branche qui vise à évaluer l'efficacité des actions entreprises pour lutter contre les facteurs de risque de cancer identifiés, qu'il s'agisse de prévention ou de dépistage.

En général, la production des connaissances sur les facteurs susceptibles d'influencer la survenue d'un cancer est à l'initiative des scientifiques. Ces acteurs de la recherche travaillent dans les universités ou les organismes publics de recherche et leurs travaux sont financés, en partie, par des organismes comme l'Institut national du cancer. D'autres études sont produites à la demande des autorités sanitaires, par exemple les expertises collectives, qui permettent de faire le point sur un sujet donné.

Les études d'évaluation du risque

Les chercheurs produisent des études visant à identifier de nouveaux facteurs de risque et/ou à évaluer leur rôle dans l'apparition d'un cancer. Une mission souvent difficile. En effet, la découverte d'une relation entre l'exposition à un facteur « F » et la survenue d'un cancer ne signifie pas forcément que « F » cause ce cancer. Ainsi, des chercheurs avaient observé que la consommation de café était associée à un risque plus élevé de cancer du poumon ; en poussant plus loin, ils se sont aperçus que cette relation était due au fait que les personnes qui consommaient plus de café avaient tendance à fumer. Or le tabac est une cause reconnue de cancer du poumon.

Pour éviter de conclure à tort que l'exposition à un facteur donné peut, ou ne peut pas, causer un cancer, les chercheurs examinent attentivement l'ensemble de l'information scientifique disponible, en compilant les résultats de toutes les études menées sur différentes populations à différentes époques et différents endroits. Ces informations sont souvent complétées par des recherches faites en laboratoire. On se base sur un certain nombre de critères, entre autres :

  •  que le risque de cancer augmente avec une augmentation de l'exposition (exemple : plus un individu fume, plus sa probabilité d'avoir un cancer du poumon augmente) ;
  •  que le risque de cancer diminue avec une diminution ou un arrêt de l'exposition (exemple : en s'arrêtant de fumer, on réduit son risque de cancer) ;
  •  que le lien entre l'exposition et le risque de cancer soit fort (exemple : un fumeur a 25 fois plus de risques de mourir d'un cancer du poumon qu'un non-fumeur).

La classification des facteurs étudiés

Une fois que des études ont démontré l'existence d'un lien entre l'exposition à un ou plusieurs facteurs et le risque de cancer, les résultats sont classés par groupes. C'est une des missions du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui publie régulièrement des évaluations scientifiques sur toutes sortes de substances soupçonnées de jouer un rôle dans l'apparition de cancers. Ces rapports détaillés, appelés « monographies », sont disponibles sur son site. L'ensemble des facteurs étudiés est régulièrement révisé, et d'autres éléments s'y ajoutent au fur et à mesure que la connaissance progresse.

Le CIRC a ainsi déterminé cinq groupes de classification de ces facteurs :

  •  groupe 1 : l'exposition cause sûrement le cancer chez l'Homme ;
  •  groupe 2A : l'exposition cause probablement le cancer chez l'Homme ;
  •  groupe 2B : l'exposition cause peut-être le cancer chez l'Homme ;
  •  groupe 3 : à ce jour, il n'est pas possible d'établir ou d'évaluer si l'exposition cause ou non le cancer chez l'Homme ;
  •  groupe 4 : l'exposition ne cause probablement pas le cancer chez l'Homme.

Les limites de la recherche

Grâce aux efforts des chercheurs, on comprend mieux aujourd'hui l'influence des divers facteurs ou agents qui influencent l'apparition d'un cancer, ainsi que les étapes du développement d'une tumeur. La recherche a également permis de traiter de plus en plus de cancers en améliorant à la fois la survie et la qualité de vie des personnes malades.

D'autres travaux viennent compléter ces recherches pour aider les pouvoirs publics à mieux adapter les actions et messages de prévention, de manière à atteindre le plus grand nombre de personnes. Les chercheurs se mobilisent également sur les facteurs de risque encore méconnus.

La connaissance de certaines causes potentielles de cancers est une étape essentielle mais elle ne suffit pas pour les prévenir. Ainsi, les campagnes qui ciblent la prévention des facteurs de risque évitables (tabac, alcool, UV...) permettent d'informer la population sur ces risques mais c'est à nous, individuellement et collectivement, d'adopter et d'appliquer ces messages de prévention.

À retrouver sur http://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Reduire-les-risques-de-cancer/A-la-recherche-des-causes-de-cancers
Information proposée et validée par Institut national du cancer Publiée le 11/06/2014
L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.
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