la schizophrénie

Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016

La schizophrénie est une affection psychotique qui peut prendre des formes très variées (on parle des schizophrénies).
Les symptômes de la maladie s’organisent autour de trois axes :

Qu’est-ce que la schizophrénie ?

La schizophrénie est une affection psychotique qui peut prendre des formes très variées (on parle des schizophrénies).

Les symptômes de la maladie s’organisent autour de trois axes :

La désorganisation ou la dissociation

C’est la perte de l’unité psychique, qui provoque un relâchement des associations entre les idées, les émotions et les attitudes. La pensée devient floue, discontinue (diffluence), le discours parfois illogique et difficile à suivre. Le langage perd sa fonction de communication.

L’expression émotionnelle est sans rapport avec la situation. Le contact peut être froid. On peut également constater la présence simultanée de sentiments contraires (ambivalence affective). Cette désorganisation se traduit par une bizarrerie, des sourires immotivés, des conduites qui paraissent étranges voire absurdes.

Le comportement ne semble pas toujours dirigé vers un but compréhensible.   

Le délire paranoïde et les symptômes dits positifs ou productifs

Le délire une perception erronée de la réalité : la personne voit, entend, sent ou ressent des choses qui n’existent pas pour ceux qui l’entourent. Il n’est pas possible de la convaincre de son erreur. Le délire paranoïde est flou, mal structuré, non systématisé (les idées délirantes n’ont pas de lien entre elles). Il évolue vers la chronicité, avec des périodes de rémission.

Il repose sur des hallucinations acoustico-verbales(entendre des voix) et intrapsychiques avec un automatisme mental (impression que la pensée est devinée, commentée ou volée, que des pensées ou des actes sont imposés.)

D’autres mécanismes délirants (intuition, illusion, interprétation, imagination) peuvent être présents. Cette activité délirante s’accompagne d’une forte angoisse ou bien est vécue dans l’indifférence.

Les symptômes déficitaires ou négatifs

Ce sont le désinvestissement de la réalité, le repli progressif de la personne, la diminution des capacités de penser, de parler et d’agir dont elle disposait avant d’être malade. S’y ajoutent une diminution des réactions émotionnelles et des troubles cognitifs (attention, concentration, mémoire et capacités d’abstraction).

Les symptômes doivent être présents de façon permanente depuis au moins six mois pour faire le diagnostic de schizophrénie.

Le Refer-O-Scope, un nouvel outil pour aider à repérer : un outil en ligne est proposé par la Société québécoise de la schizophrénie. Cet outil vous permet d’observer et d’agir avant la psychose en repérant les signes précurseurs de la maladie, afin de contribuer à réduire ses effets néfastes. Le refer-O-scope tient compte des antécédents familiaux, de la prise de drogues, des facteurs de risque et des altérations du fonctionnement. Vous y trouverez des bulles d’information, un glossaire des maladies mentales, et des références de soins et de soutien.

Le questionnaire s’accompagne d’une recommandation pour faciliter vos échanges futurs avec un intervenant ou un professionnel de la santé. La prévention et le suivi précoce diminuent les risques de développer une psychose. Une réalisation de la Société québécoise de la schizophrénie 

Site refer-O-scope 

Mythes et réalités

« Les schizophrènes sont dangereux et violents » Faux : Contrairement à l’idée habituellement véhiculée par les médias, ces personnes sont beaucoup plus souvent victimes qu’auteurs de violence. « Moins de 1% des crimes en France sont commis par des personnes souffrant d'un trouble grave de santé mentale » (JL Senon, 2007).

Même si la maladie peut augmenter le risque de passage à l’acte hétéro-agressif, c’est surtout l’association d’une consommation de toxiques et d’alcool et l’absence ou la rupture des soins qui favorisent les comportements agressifs et violents.

Pour en savoir plus voir la Brochure Psycom :

Schizophrénie(s) (pdf - 558,89 ko)

Rubrique Schizophrénie(s)

Qui est concerné ?

La schizophrénie est une affection qui touche environ1% de la population, soit en France environ 600 000 personnes (selon la HAS). Les troubles débutent le plus souvent entre 15 et 30 ans et évoluent sur la vie entière.

Schizophrénie et risque suicidaire

Le risque suicidaire est élevé (il est estimé que 10 à 15% des patients souffrant de schizophrénie se suicident), en particulier durant les premières années de la maladie, et près de la moitié font au moins une tentative de suicide au cours de leur vie. Ce risque important est lié en partie à des épisodes de dépression, qui doivent être identifiés et traités. Paradoxalement, la capacité de comprendre la maladie (l’insight) augmente le risque suicidaire. Ces gestes surviennent parfois en période hallucinatoire ou de façon imprévisible.

Quelles sont les causes ?

De nombreuses hypothèses ont été formulées sur les causes de la maladie. Les chercheurs s’accordent actuellement pour dire que l’addition de facteurs génétiques et de stress psychologiques et environnementaux créerait une vulnérabilité permettant le développement de la maladie.

Comment traiter la schizophrénie ?

La prise en charge vise la diminution des symptômes psychotiques et la préservation de la meilleure qualité de vie possible. Elle doit donc prendre en compte les symptômes, mais aussi l’insertion sociale, familiale et affective.

Elle comporte trois volets : biologique, psychothérapique et social :

Les traitements biologiques

Les neuroleptiques sont des médicaments psychotropes, utilisés pour la première fois en psychiatrie dans les années 1950. Ils ont changé radicalement le traitement des troubles schizophréniques, en soulageant notamment des angoisses profondes, des perturbations du fonctionnement psychique qui leur sont liées et des états d’agitation.

Les buts des neuroleptiques, intégrés dans une prise en charge globale, sont de diminuer la souffrance des personnes atteintes (et de leurs proches), d’améliorer leur fonctionnement psychique du point de vue affectif, relationnel et social, et de diminuer le risque suicidaire. Ces médicaments n’ont pas d’effet curatif, autrement dit, les neuroleptiques ne guérissent pas mais soulagent. Les neuroleptiques ont aussi des effets autres que psychiques, ce qui explique certains effets indésirables et certaines utilisations.

Le terme général « médicaments neuroleptiques » regroupe des médicaments provenant de nombreuses familles chimiques. Leurs effets sont assez semblables. Les deux grandes catégories de neuroleptiques (dits classiques et de deuxième génération ou atypiques) se distinguent surtout par la fréquence et l’intensité de leurs effets indésirables. 

Pour en savoir plus, voir la brochure Psycom :

Prendre un médicament neuroleptique (pdf - 493,21 ko)

D'autres médicaments psychotropes peuvent être prescrits (antidépresseursanxiolytiques,somnifères...), en fonction de l'état de santé de la personne. Voir la rubrique Médicaments psychotropes

Les psychothérapies 

Différentes formes de thérapies peuvent trouver une place importante dans la prise en charge de la schizophrénie. Elles permettent de mieux cerner les difficultés rencontrées par le patient et de trouver des solutions. Elles contribuent à réduire les symptômes, en particulier les symptômes délirants. Elles peuvent améliorer la régulation des émotions souvent perturbée.

Les mesures sociales thérapeutiques

Ce sont toutes les mesures nécessaires pour maintenir ou rétablir l’insertion sociale, l’autonomisation et l’amélioration de la qualité de vie. Si la grande majorité des personnes atteintes de schizophrénie vit de manière autonome, certaines peuvent avoir besoin d’aide (droits sociaux, ressources, travail, logement…). Des aides peuvent être nécessaires au maintien à domicile : interventions d’auxiliaires de vie ou aide-ménagère (repas, hygiène…), visites infirmières à domicile, service d’accompagnement à la vie sociale ouservice d’accompagnement médicosocial pour adulte handicapé (SAMSAH).

L’éducation thérapeutique du patient (ETP) et les programmes de psychoéducation

Organisés par des psychiatres, psychologues et infirmiers, ces groupes aident les patients et leurs proches à comprendre causes, symptômes, traitement et effets sur l’entourage de la maladie.

L’entraide 

Les groupes d’entraide mutuelle sont des espaces conviviaux où les personnes en souffrance psychique peuvent se retrouver, s’entraider, partager et organiser ensemble des activités culturelles, sportives et artistiques. 

Les associations d’usagers regroupent des personnes souffrant de troubles psychiques et/ou leurs proches et proposent groupes de paroles, lignes d’écoute téléphoniques, conseils et entraide.

Où trouver de l’aide ?

Le médecin traitant

Il est toujours conseillé de demander l’avis du médecin traitant habituel. Il peut faire une première évaluation, mettre en place la prise en charge ou orienter vers un service spécialisé, en fonction de la situation. Les personnes vivant avec une schizophrénie ont besoin d’un suivi attentif en médecine générale pour prévenir et traiter les effets indésirables des traitements, mais aussi les effets néfastes d’une consommation de tabac.

Les services spécialisés

Les services de psychiatrie de secteur proposent des prises en charge pour tous les troubles psychiques. Les soins y sont dispensés gratuitement. Coordonnées des CMP dans les pages jaunes.

Les consultations hospitalières, les psychiatres libéraux et les centres d’accueil et de crises. 

Les équipes des services d’urgence en hôpital général comprennent souvent une équipe psychiatrique, parfois liée au service de secteur concerné.

Les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH)

Liste sur leur site  

Rédaction

Dr. Céline Bréan et Dr. Raphaël Gourevitch (psychiatres, CH Sainte-Anne). Synthèse réalisée par Marc Oeynhausen à partir de la brochure Psycom « Schizophrénie(s) », février 2012. Mise à jour psycom , septembre 2016

À retrouver sur http://www.psycom.org/Espace-Presse/Sante-mentale-de-A-a-Z/Psychotherapies
Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016
Organisme public d’information, de formation et de lutte contre la stigmatisation en santé mentale.
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