Le déclenchement artificiel de l’accouchement

Information proposée et validée par Haute Autorité de Santé - HAS Publiée le 09/01/2018

Le déclenchement artificiel du travail consiste à provoquer des contractions de l’utérus pour faire démarrer le travail, c'est-à-dire le processus qui aboutit à l’accouchement.
La présente fiche a pour but d’accompagner les informations apportées oralement par le médecin ou la sage-femme en ce qui concerne les principes, les avantages et les inconvénients du déclenchement.
Cette information a pour objectif de permettre aux femmes de prendre une décision éclairée concernant les modalités de l'accouchement. 

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Quand un déclenchement artificiel de l'accouchement peut-il être envisagé ?

Un déclenchement artificiel du travail peut être proposé pour une raison médicale ou être envisagé pour des raisons de convenance (sans indication médicale). Si le déclenchement artificiel du travail a été proposé pour une raison médicale, liée à l'état de santé de la mère ou à celui de l'enfant, des précisions sont apportées par l’équipe médicale.

Même si la grossesse est normale, deux situations peuvent conduire à envisager un déclenchement : grossesse prolongée (dépassement de terme) et rupture prématurée de la poche des eaux. Le dépassement de terme peut constituer dans quelques cas un risque pour l’enfant. C’est pour cette raison que, s'il n'y a pas eu d'acouchement à la date prévue du terme, on propose une surveillance régulière et éventuellement un déclenchement.

En l’absence d’anomalies, il n’y a pas d’indication formelle à déclencher le travail, tant que la date prévue du terme n’est pas dépassée d’au moins 6 jours.

La rupture prématurée de la poche des eaux avant le début du travail peut parfois entraîner une infection chez l’enfant. Pour cette raison, un déclenchement artificiel du travail est habituellement proposé après un certain temps d’attente sous antibiotiques ; il est généralement déconseillé d’attendre plus de 2 jours.

En cas de grossesse normale, lorsqu’il n’y a pas de raison médicale pour provoquer l’accouchement, un « déclenchement de convenance » encore appelé « accouchement programmé » peut être envisagé. Ce type de déclenchement ne peut être pratiqué qu’en fin de grossesse (à partir de 39 semaines, soit environ 8 mois et demi) et si le col est favorable (ramolli et un peu ouvert).

Si un déclenchement de convenance a été demandé, la femme peut changer d’avis tant que le déclenchement n’est pas commencé.

Par ailleurs, il peut arriver que l’équipe médicale ne puisse pas pratiquer le déclenchement parce que toutes les conditions organisationnelles et de sécurité ne sont pas réunies. Si la programmation de l’accouchement  a été proposée pour des raisons d’organisation de la maternité, la femme est libre de refuser le déclenchement, sans que cela modifie la qualité des soins qui seront prodigués. 

Comment se passe un déclenchement artificiel de l'accouchement ?

Pour déclencher le travail, on dispose de deux méthodes, l’administration intravaginale d’un gel de prostaglandines et la perfusion intraveineuse d’ocytocine associée à une rupture de la poche des eaux.

Ces deux méthodes peuvent être employées seules ou successivement.

De plus, le décollement des membranes pratiqué au cours d’un toucher vaginal en introduisant un doigt à l’intérieur du col peut entraîner des contractions qui suffisent parfois à déclencher le travail ; c’est une manœuvre qui peut être douloureuse et provoquer des saignements.

Lorsqu’il y a une indication médicale pour provoquer un accouchement, le déclenchement peut être envisagé quel que soit l’état du col. Si le col est fermé, on fera une application de prostaglandines par voie vaginale. Dans certains cas, une deuxième application sera nécessaire.

Dans le cas d’un déclenchement de convenance, les conditions nécessaires pour réaliser un déclenchement sont : une grossesse d'au moins 39 semaines d'aménorrhée (environ 8 mois et demi) et un col de l'utérus favorable (col ramolli et déjà un peu ouvert).

La pratique du déclenchement entraîne, dès le début du travail, la nécessité d’un monitorage fœtal continu, et généralement des contractions de forte intensité qui peuvent être plus douloureuses qu’un début de travail spontané. En attendant que le travail soit suffisamment avancé pour permettre la mise en place d’une analgésie péridurale si souhaitée, d’autres moyens antidouleur pourront être proposés.

Dans l’accouchement déclenché, comme dans l’accouchement spontané, il peut se produire des contractions excessives de l’utérus ou un arrêt de la dilatation du col qui nécessite une césarienne. Ces complications sont un peu plus fréquentes lorsque le déclenchement a lieu sur un col qui n’est pas favorable.  

Fiche d’information HAS destinée aux femmes enceintes concernant le déclenchement artificiel de l’accouchement  

À retrouver sur https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2012-09/declenchement_artificiel_du_travail_-_fiche_dinformation.pdf
Information proposée et validée par Haute Autorité de Santé - HAS Publiée le 09/01/2018
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