Le frottis

Information proposée et validée par Santé publique France - Fil santé jeunes Publiée le 08/11/2016

Tu te demandes si tu dois aller chez le gynéco, tu as déjà entendu parler de frottis mais tu ne sais pas trop ce que c’est, et ça te fait peut-être un peu peur… Mais finalement, ça sert à quoi ?

Pourquoi devoir se frotter au frottis ?

Le frottis est préconisé chez les femmes à partir du moment où elles ont une vie sexuelle active. Qu’elles aient été vaccinéescontre le virus provoquant le cancer du col de l’utérus, ou non, pas de jalouses, toutes les filles y passent ! C’est un examen de dépistage.

Le frottis porte également le nom de RCC : Recherche de Cellules Cancéreuses. C’est en visualisant de près les cellules de la muqueuse cervico-vaginale (c’est-à-dire du col de l’utérus et du fond du vagin) que l’on peut repérer toute anomalie qui pourrait dégénérer. Ces cellules anormales, plus on les détecte tôt, plus on les traite efficacement.

Quel professionnel pratique le frottis ?

Ça y est, c’est le moment de prendre rendez-vous…

Différents professionnels de santé réalisent ce frottis : le gynécologue, la sage-femme ou le médecin traitant. Concernant le choix du praticien que tu rencontreras, tu as la liberté de choisir d’être auscultée par un homme ou une femme.

Choisis la personne avec laquelle tu seras le plus à l’aise. Ce n’est pas parce que maman te propose son bon vieux gynéco qu’elle a depuis 20 ans, que tu dois l’accepter. Le suivi gynécologique fait partie de ton intimité (dans tous les sens du terme !). Tu peux rencontrer un de ces professionnels en cabinet ou en centre de planification.

Comment ça se passe ?



Au premier rendez-vous, n’hésite pas à mentionner que c’est ta « première fois ». Cela permettra au médecin ou la sage-femme de prendre le temps de t’expliquer ce que tu souhaites savoir, et surtout de te mettre en confiance pour l’examen.

Pour effectuer un frottis, il te faudra t’allonger sur sa table d’examen, les pieds dans les étriers. Pas de « hue dada !», les étriers servent à mieux visualiser l’ensemble des organes génitaux externes.

Ce moment peut être gênant. Ne t’inquiète pas, le professionnel a l’habitude et il te voit comme une patiente.

Une fois que tu seras prête et détendue, il introduira dans ton vagin un spéculum (le terme ressemble étrangement aux fameux biscuits belges, pourtant on en est loin : c’est un outil médical qui permet d’écarter doucement les parois de ton vagin pour bien visualiser le col situé au fond).

A l’aide d’une petite spatule ou une petite brosse souple, il « frottera » délicatement les parois vaginale et cervicale. C’est ce frottement qui n’est pas très agréable. Il n’est pas douloureux mais on le sent et on aimerait vraiment être ailleurs à faire autre chose ! Heureusement il ne dure que quelques secondes. Le soignant dépose ensuite ce prélèvement sur une lame de verre stérile ou dans un flacon qu’il te demandera d’envoyer au laboratoire.

Le frottis est réalisé en dehors de la période des règles. Il ne doit pas être fait si on suspecte une infection vaginale. Tu pourrais être amenée à revenir si le frottis ne se fait pas dans les conditions requises. On imagine que tu te passerais bien de devoir remettre le pied à l’étrier !

Cet examen peut provoquer quelques saignements. Ils sont sans gravité, le col de l’utérus est très vascularisé (ce qui le fait saigner facilement quand on vient le titiller.)

Que nous révèle le frottis ?



Le frottis est réalisé pour dépister des anomalies du col de l’utérus qui peuvent être induites par le papillomavirus (HPV).

Ces anomalies peuvent avec le temps se transformer en cancer (on les appelle lésions précancéreuses). Très souvent, les analyses montrent que tout est normal. Toutefois, il arrive que les résultats révèlent une anomalie. Dans ce cas, des examens complémentaires devront être entrepris.

Les « PV » ne sont pas des frottis

On pourrait se demander ce que viennent faire les contraventions ici. Rassure-toi, aucune sanction ! On parle ici de prélèvements vaginaux. A ne pas confondre avec le frottis décrit ci-dessus.

Un PV va être réalisé en cas de signes cliniques évoquant une infection : pertes blanches abondantes ou nauséabondes, démangeaisons, brûlures, douleurs au bas-ventre…

Il consiste à passer une sorte de petit coton-tige à l’intérieur du vagin. Le but étant de dépister l’infection et trouver le germe en cause.

A quelle fréquence doit-on faire un frottis ?



Jusqu’à récemment il était préconisé de faire un frottis de dépistage tous les ans. Les dernières recommandations stipulent qu’en l’absence d’anomalie sur deux frottis à un an d’intervalle, et en cas de test HPV négatif, une fréquence d’un examen tous les trois ans peut être jugée suffisante.

Quoi qu’il en soit le soignant qui te suit est le seul capable de dire quelle est la fréquence la plus adaptée à ton cas personnel.

Petit à petit, tu intégreras cet examen dans ton hygiène de vie habituelle, au même titre que d’aller chez le dentiste une fois par an, ou chez l’ophtalmo si tu portes des lunettes.

La France est un pays qui propose une politique de prévention et de dépistage gynécologiques précieuse. Alors au placard vos complexes, et en selle Mesdemoiselles !

À retrouver sur http://www.filsantejeunes.com/le-frottis-5694
Information proposée et validée par Santé publique France - Fil santé jeunes Publiée le 08/11/2016
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