Le préservatif au féminin

Information proposée et validée par Santé publique France - Fil santé jeunes Publiée le 22/11/2016

Et oui, le préservatif au féminin ça existe, et pas que grammaticalement. Si on le connaît si mal, c’est qu’il n’est commercialisé en France que depuis l’année 2000. Il a l’avantage, comme son copain le masculin, de protéger des grossesses et des Infections Sexuellement Transmissibles.

Mais s’il est aussi pratique, pourquoi n’est-il pas plus utilisé ? Surtout chez les jeunes ?

C’est d’abord parce qu’il fait PEUR ! Hou le méchant préservatif !!!! Et pourquoi fait-il aussi peur ? Parce qu’il a un aspect très impressionnant par sa taille, sa forme et sa texture. C’est une gaine (pas folichon ce mot déjà !) en polyuréthane qui est large car elle s’introduit à l’intérieur du vagin. Le vagin, au repos, est étroit. Mais lors du rapport sexuel, ses muscles se détendent pour accueillir le pénis en érection. Le préservatif féminin doit donc « remplir » la cavité vaginale afin que le pénis soit totalement recouvert et que le sperme ne coule pas à l’intérieur du vagin après l’éjaculation. Introduire un objet de cette taille-là dans le vagin fait très peur car on ne s’imagine pas qu’il y ait tout cette place. De plus, contrairement au préservatif masculin, sa mise en place et son utilisation sont internes, donc invisibles, ce qui ouvre la porte à l’imaginaire et à ses angoisses.

L’autre raison de sa faible utilisation c’est le manque de connaissance et d’aisance des plus jeunes avec leur corps. Quand on débute sa vie sexuelle, on a du mal à situer mentalement et physiquement tous les orifices de sa zone génitale (méat urinaire, vagin, anus), et c’est normal. Combien de jeunes filles n’arrivent pas à placer un tampon car elles ne savent pas vraiment par où l’introduire. Alors imaginez un préservatif ! Au moment clé de la relation sexuelle : « euh, attends… je sais pas trop où ça se met… » Ce n’est décidément pas l’idéal. C’est pourquoi ce type de contraception s’adresse plutôt aux femmes plus expérimentées, qui ont un peu plus notion de leur intimité corporelle. Souvent plusieurs essais « en solo » sont nécessaires avant de parvenir à le placer correctement.

Cependant, rien n’empêche qu’une jeune fille l’essaie. Au contraire, c’est en essayant que l’on s’aperçoit si oui ou non ce type de contraception nous convient. Comme pour les garçons, manipuler un préservatif comme ça, pour rien, sans être dans une relation sexuelle peut permettre de se familiariser avec cette « chose » si incongrue. Le sortir de l’emballage, le déplier, le toucher, le regarder, le triturer dans tous les sens va le rendre nettement moins inquiétant.

A-t-il des avantages et des inconvénients ?

Côté avantages, il y en a qui ne sont pas négligeables tout de même : il n’est pas en latex, donc il y a peu de risque d’allergie et on peut l’utiliser avec des lubrifiants, il permet d’avoir une relation sexuelle sans risques avec des hommes qui ne supportent pas le préservatif masculin (perte d’érection, difficultés à éjaculer etc.…), il peut être laissé en place plusieurs heures avant et après le rapport sexuel.

L’inconvénient majeur, on l’a dit, c’est sa mise en place. Cependant, certaines femmes se sont plaint car il ferait du bruit lors des va et vient de l’acte sexuel. Un précurseur du préservatif musical ?

Quoi qu’il en soit, il est clair que pour certaines, cette contraception deviendra vite facile, et pour d’autres, décidément non, c’est une autre contraception qu’il va falloir choisir.

À retrouver sur http://www.filsantejeunes.com/les-preservatifs-5133
Information proposée et validée par Santé publique France - Fil santé jeunes Publiée le 22/11/2016
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