Le saturnisme

Information proposée et validée par Ministère des Solidarités et de la Santé Publiée le 31/10/2016

Le saturnisme désigne l’intoxication aiguë ou chronique par le plomb. Suivant les recommandations du Haut Conseil de la santé publique, les autorités sanitaires ont décidé par arrêté en date du 8 juin 2015 d’abaisser de 100 à 50 microgrammes par litre la concentration en plomb dans le sang (plombémie) définissant le saturnisme chez l’enfant.

Les effets du plomb étant particulièrement graves chez les enfants (effets neurologiques, retard de développement, perte de points de quotient intellectuel), les cas de saturnisme infantiles doivent faire l’objet d’une déclaration obligatoire et déclenchent une procédure d’urgence visant à supprimer l’exposition au plomb de l’enfant concerné. Le nouveau seuil de 50 µg/L est applicable depuis le 17 juin 2015.

 

L’habitat : un facteur majeur de risque de saturnisme

Maladie connue depuis l’Antiquité, longtemps considérée en France uniquement comme une maladie professionnelle, le saturnisme reste d’actualité. C’est dans les années 1980 que plusieurs cas de saturnisme infantile, dont certains mortels, ont mis en évidence l’implication de l’habitat comme facteur majeur de risque d’intoxication par le plomb chez l’enfant.

L’exposition au plomb est pour l’essentiel due à la persistance dans les immeubles d’habitation de vieilles peintures à base de céruse, un des sels de plomb les mieux absorbés dans le tube digestif, qui a été couramment utilisé dans les peintures jusqu’à la moitié du 20e siècle.

Les sites industriels émettant du plomb ou les sols pollués par le plomb, l’eau du robinet en cas de canalisations et branchements en plomb et si l’eau est agressive, certains aliments s’ils ont été en contact avec des céramiques artisanales ou s’ils ont été cultivés sur des sols pollués, certains remèdes ou cosmétiques traditionnels (khôl par exemple) sont aussi une source notable d’intoxication.

Effets du plomb sur la santé

A fortes doses, le plomb peut conduire à des encéphalopathies, des neuropathies et au décès chez l’adulte et chez l’enfant. Il provoque également des effets digestifs : colique saturnine, douleurs abdominales…).

Le plomb présente également des effets sur la pression artérielle, sur la fonction rénale chez l’adulte ainsi que sur la reproduction et le développement de l’enfant et sur le système nerveux central (diminution de points de quotient intellectuel, troubles de l’attention) chez l’enfant, même à des faibles doses.

La plombémie ou concentration en plomb dans le sang est l’indicateur de référence pour dépister une contamination. Une fois dans l’organisme, le plomb se stocke, notamment dans les os, d’où il peut être libéré dans le sang, des années ou même des dizaines d’années plus tard notamment lors d’une grossesse ou en cas d’ostéoporose. L’élimination du plomb dans l’organisme est lente après l’arrêt de l’exposition : sa demi-vie est de 15 à 20 ans.

Chez l’enfant, l’intoxication a des conséquences graves sur le développement psychomoteur. On estime qu’une augmentation de la plombémie de 100 μg/L est associée à une baisse de quotient intellectuel (QI) de 1 à 5 points. Depuis 1970, le seuil d’intervention chez l’enfant a été régulièrement révisé à la baisse en fonction de l’évolution des connaissances sur les effets toxiques du plomb. Depuis le 17 juin 2015, il est fixé à 50 μg/L (0,2448 μmol/L), en remplacement du seuil précédent de 100 μg/L.

Cet abaissement fait suite aux recommandations du Haut conseil de la santé publique : le HCSP a publié en mai 2014 un rapport relatif à la détermination de nouveaux objectifs de gestion des expositions au plomb, compte tenu de l’existence établie d’effets nocifs du plomb en-deçà de 100 μg/L dont certains sans seuil de toxicité connu. Il préconise dans ce rapport une politique visant à la fois la réduction des expositions de tous les enfants au plus bas niveau possible, ainsi que l’identification de moyens de gestion particuliers pour les plus exposés. Il recommande en particulier de fixer le seuil de déclaration obligatoire des cas saturnisme à 50 μg/L, au lieu du seuil de 100 précédemment applicable.

Pour en savoir plus

>> Consulter l’article Plomb et composés (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS))

Epidémiologie

Selon l’enquête nationale de prévalence du saturnisme infantile en France menée par l’Institut de veille sanitaire (InVS) en 2008-2009, le nombre d’enfants de 1 à 6 ans ayant une concentration en plomb dans le sang supérieure à 100µg/L a été divisé par 20 depuis 1995-1996. La prévalence du saturnisme infantile est estimée à 0,1% en 2008-2009 (contre 2,1% en 1995-1996). Cette diminution peut être attribuée notamment à la mise en œuvre de l’ensemble des mesures prises pour limiter l’exposition au plomb de la population.

>> Consulter l’article « Saturnisme chez l’enfant : données de la surveillance, du dépistage et de la déclaration obligatoire » (InVS)

Le saturnisme, une maladie à déclaration obligatoire

Lors de la prescription de toute plombémie chez un enfant mineur, le prescripteur doit remplir la fiche de surveillance, qui comprend notamment les éléments d’identification du prescripteur, les éléments d’identification de l’enfant, les critères qui ont conduit à prescrire l’examen, la date éventuelle d’un précédent dosage, les traitements et interventions réalisés depuis le précédent dosage

Le saturnisme chez les enfants mineurs est une maladie à déclaration obligatoire justifiant une intervention urgente. Dans tous les cas où la plombémie de l’enfant est supérieure ou égale à 50 μg/L (soit 0,24 μmol/L), le médecin prescripteur devra adresser dans les meilleurs délais, et après avoir prévenu l’autorité parentale, une copie de la fiche complétée par le laboratoire au médecin de santé publique de l’ARS, ou le cas échéant au médecin désigné par le préfet (pour la première plombémie qui atteint 50 μg/L). Le seuil de plombémie déclenchant une déclaration obligatoire était de 100 μg/L avant le 17 juin 2015 (date d’entrée en vigueur de l’arrêté du 8 juin 2015).

>> Consulter le dossier « Comment participer à l’enregistrement des plombémies et à la déclaration des cas ?(Institut de veille sanitaire)

La procédure d’urgence lors de découverte ou de suspicion d’un cas de saturnisme

En cas de découverte d’un cas de saturnisme chez une personne mineure (plombémie atteignant 50 μg/L), une procédure d’urgence est déclenchée.

Une enquête environnementale est menée par l’Agence régionale de santé ou le Service communal d’hygiène et de santé pour identifier les sources d’intoxication. Dans ce cadre un diagnostic portant sur les revêtements des immeubles fréquentés par la personne mineure (diagnostic du risque d’intoxication par le plomb des peintures ou DRIPP) peut être effectué.

Voir le « Guide d’investigation environnementale des cas de saturnisme de l’enfant » (Institut de Veille sanitaire).

S’il s’avère que des revêtements dégradés contenant du plomb sont à l’origine de l’intoxication, le préfet demande au propriétaire de réaliser les travaux nécessaires pour supprimer le risque d’exposition au plomb (par exemple en recouvrant les peintures dégradées) dans un délai de 1 mois (si le préfet demande que les occupants soient hébergés pendant les travaux, ce délai passe à 3 mois). Le propriétaire a 10 jours pour faire connaitre au préfet sa décision concernant la réalisation des travaux. A défaut, le préfet fait réaliser d’office les travaux aux frais du propriétaire.

Cette procédure peut être engagée même en l’absence de cas de saturnisme, si le DRIPP ou le constat de risque d’exposition au plomb met en évidence un risque d’exposition au plomb pour une personne mineure.

À retrouver sur http://social-sante.gouv.fr/sante-et-environnement/batiments/article/saturnisme
Information proposée et validée par Ministère des Solidarités et de la Santé Publiée le 31/10/2016
prépare et met en œuvre la politique du gouvernement dans les domaines des affaires sociales, de la solidarité et de la cohésion sociale, de la santé publique et de l’organisation du système de soins. Sous réserve des compétences du ministre des Finances et des Comptes publics, elle prépare et met en œuvre la politique du Gouvernement dans le domaine de la protection sociale.
Ministère des Solidarités et de la Santé

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