Le suicide

Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016

Le risque suicidaire est associé à une fragilité psychique au départ, qui se manifeste à travers différents indicateurs, comme : l’anxiété, la tristesse, la fatigue, l’irritabilité, l’agressivité, les troubles du sommeil, un sentiment d’échec, d’inutilité, de dévalorisation, l’impuissance à trouver des solutions à ses problèmes, des troubles du comportement alimentaire, des troubles addictifs, l’isolement.

Le risque suicidaire est associé à une fragilité psychique au départ, qui se manifeste à travers différents indicateurs, comme : l’anxiété, la tristesse, la fatigue, l’irritabilité, l’agressivité, les troubles du sommeil, un sentiment d’échec, d’inutilité, de dévalorisation, l’impuissance à trouver des solutions à ses problèmes, des troubles du comportement alimentaire, des troubles addictifs, l’isolement.

Les signes de haut risque sont : le désespoir, une souffrance psychique intense, la réduction du sens des valeurs, un goût pour le morbide, la recherche d’armes à feu.

Des signes de très haut risque peuvent être une accalmie suspecte ou un comportement de départ.

Qui est concerné ?

Selon l'INSEE, en 2010, le taux de mortalité par suicide est de 14,7 pour 100 000 habitants (INSEE). Il se situe nettement au-dessus de la moyenne européenne (10,2 pour 100 000 habitants). 

La sous-estimation du nombre de suicides est évaluée à environ 20% du fait d’un classement dans d’autres catégories de mort violente. Une politique active de prévention a contribué à la baisse de l’ordre de 20 % du nombre de décès par suicide en France entre 1986 et 2010. Au cours de ces vingt-cinq années, le nombre de morts est passé de 12 525 à 10 3343. 

Selon une étude menée en 2010 sur douze mois  , 3,9 % des personnes interrogées, âgées de 15 à 85 ans, déclaraient avoir eu des pensées suicidaires et 0,5 % avoir fait une tentative de suicide. Une extrapolation de ces données à l’ensemble de la population montre donc que plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient concernées.

La fréquence des tentatives de suicide déclarées pendant ces douze mois diminue avec l’âge, tandis que la survenue d’idées suicidaires est maximale entre 45 et 54 ans. Le genre est une variable importante : les femmes sont plus nombreuses que les hommes à avoir pensé au suicide et à avoir effectué une tentative au cours de l’année. Le nombre des tentatives de suicide est supérieur chez les jeunes femmes (15-20 ans). Chez les jeunes hommes, l’expression du mal-être peut recouvrir d’autres formes : l’ivresse, parfois mortelle, la délinquance, les agressions, les réactions de violence en général. Depuis quelques années, ces phénomènes touchent de plus en plus de jeunes filles.

Alors que les idées suicidaires et les tentatives sont plus importantes chez les sujets jeunes, le nombre de décès par suicide augmente avec l’âge, plus particulièrement à partir de 65 ans et surtout chez les hommes. 28% des suicides entre 2007-2009 sont le fait de personnes de plus de 65 ans. Après 85 ans, les taux de décès par suicide constatés sont six fois plus élevés qu’entre 15 et 24 ans (dix fois plus élevés pour les hommes).

Pour les hommes, les modes de suicide les plus fréquents sont la pendaison et les armes à feu. Pour les femmes, il s’agit des médicaments et de la pendaison.

Des disparités régionales existent. La Bretagne est la région la plus touchée par le suicide (50 % au-dessus du taux moyen de la France métropolitaine). Viennent ensuite les régions Nord Pas-de Calais, Poitou-Charentes, Limousin, Pays de Loire, Picardie, Franche Comté, Basse-Normandie, Haute-Normandie (20 % au-dessus du taux de France métropolitaine). En Outre-mer, les départements Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion présentent des taux de mortalité par suicide inférieurs à la moyenne de la métropole. En Alsace, Corse et Midi-Pyrénées, on observe les taux les plus faibles.

Au niveau de l’activité professionnelle, ce sont plus particulièrement les ouvriers et employés qui se suicident. Les secteurs santé, action sociale, immobilier, construction et les administrations publiques sont parmi les plus concernées (étude de l’InVS sur la période de 1976-2002 ).  Au niveau des professions libérales, ce sont les agriculteurs qui présentent un risque élevé de suicide. Les suicides sont toutefois deux fois plus nombreux chez les chômeurs que chez les personnes salariées.

La France fait partie des pays européens ayant un taux élevé de suicides (avec la Finlande, la Suisse, l’Autriche et la Belgique). C’est dans les pays du Sud que ces taux sont globalement plus faibles (Italie, Espagne, Portugal, Grèce).

Quelles sont les causes ?

Le suicide est avant tout l’expression d’un mal-être psychique. Selon l’INSERM, un trouble psychique est associé à 90% des suicides. Le risque suicidaire est beaucoup plus élevé chez les personnes ayant destroubles dépressifs, anxieux, schizophréniques et addictifs qu’en population générale. 

La tentative de suicide intervient généralement dans un contexte de vulnérabilité, lié à des facteurs environnementaux (traumatismes, deuil, ruptures). Lesantécédents de comportement suicidaires sont des indicateurs d’un risque accru.

La « Conférence de consensus de 2000 sur la crise suicidaire  » organisée par la Fédération Française de Psychiatrie évoque trois types de facteurs de risque :

  • Facteurs primaires : ce sont des facteurs d’alerte majeurs. Les troubles psychiques(notamment la dépression et la schizophrénie), une dépendance (alcoolisme, drogues), des antécédents personnels ou familiaux de suicide (notamment les comportements suicidaires antérieurs), l’impulsivité.
  • Facteurs secondaires : ce sont des facteurs environnementaux pouvant déclencher le passage à l’acte : des pertes parentales précoces, un isolement social et affectif(notamment le veuvage chez les hommes), des difficultés financières et professionnelles (endettement, chômage, mauvaises conditions de travail), desévènements de vie stressants (conflits relationnels, perte d’un proche, admission en maison de retraite ou à l’hôpital), une maladie somatique invalidante, la maltraitance(chez les enfants et personnes âgés). 
  • Facteurs tertiaires : sexeâge. Il y a trois fois plus de suicides aboutis chez les hommes que chez les femmes. Le risque suicidaire et surtout la détermination augmente avec l’âge, plus particulièrement chez les hommes à partir de 65 ans.

Selon l’INSERM, des marqueurs biologiquesfavorisant les comportements suicidaires ont également pu être identifiés : un dysfonctionnement du système sérotoninergique, une hyperactivité de l’axe hypothalamo-pituitaire-surrénalien et une activité excessive du système noradrénergique. Ces dysfonctionnements interviendraient notamment dans la réaction aux évènements stressants et la gestion de l’agressivité.

La prévention du suicide

La prévention des actes de suicide a été intégrée dans les politiques de santé publique depuis 2000 (« Stratégie nationale d’actions face au suicide » lancée par le Ministère de la Santé). La loi relative à la politique de santé publique de 2004 avait fixé l’objectif d’une réduction de 20% du nombre de suicides. En 2011, un nouveau programme national d’actions face au suicide a été élaboré. Il prévoit des actions de prévention :

  • développer les compétences psychosociales des enfants et adolescents ;
  • améliorer et faire connaître les dispositifs d’intervention à distance dédiés à la prévention du suicide ;
  • prévenir l’isolement social et la détresse psychique (en particulier des personnes atteints d’un handicap psychique, des personnes sourdes et malentendantes, des personnes âgées) ;
  • prévenir les attitudes homophobes ;
  • prévenir les risques psycho-sociaux chez les assurés agricoles ;
  • renforcer la prévention en milieu carcéral et en établissement médico-social ;
  • limiter l’accès aux moyens létaux (armes à feu, sécurisation des lieux utilisés pour des passages à l’acte).

Un autre objectif énoncé est l’amélioration de la prise en charge de la souffrance psychique, à l’origine de la plupart des passages à l’acte. En détail, il s’agit de :

  • repérer et prendre en charge la souffrance liée au travail ;
  • améliorer la prise en charge de la dépression chez l’adolescent ;
  • développer des structures pour la prise en charge des « personnes à risque suicidaire » ;
  • améliorer la prise en charge des personnes en situation de précarité.

Des programmes de recherche ayant pour butd’améliorer la qualité des données sur les suicidesont également été lancés, ainsi que des actions de communication et d’information du grand public. La formation des professionnels aux risques suicidaires constitue un dernier axe de ce programme. Sont visés en priorité les professionnels du soin, du milieu carcéral, de l’action sociale, de l’éducation nationale, ainsi que les responsables d’entreprise.

En 2013, le Conseil économique, social et environnemental à publié un avis "Suicide, plaidoyer pour une prévention active"   qui recommande de : 

  • créer un observatoire national du suicide, chargé de centraliser, d'exploiter et d'enrichir les données disponibles afin de mieux identifier les facteurs de risque ;
  • promouvoir les dispositifs d'alerte, de suivi de la crise suicidaire et enfin
  • conforter, voire augmenter, les moyens des réseaux de santé impliqués dans leur prise en charge.

 

Peut-on traiter le risque suicidaire ?

Au niveau des médicaments psychotropes, il semblerait que le lithium et certains antidépresseursde deuxième génération participent à la diminution du risque suicidaire. Pour les neuroleptiques etbenzodiazépines, cet effet n’a pas pu être démontré. A l’inverse, la baisse d’un traitement à long terme pour des personnes souffrant de dépression ou de schizophrénie semble augmenter le risque suicidaire

Différentes formes de psychothérapie peuvent apporter un soutien et le soulagement de certains symptômes et diminuer ainsi le risque suicidaire.

Dans les situations de crise aigues, unehospitalisation temporaire, parfois sans consentement, peut être nécessaire, afin de protéger la personne.

Où trouver de l’aide ?

  • Médecin généraliste : il est conseillé de demander l’avis de son médecin généraliste qui peut, le cas échéant orienter vers un spécialiste ;
  • Centres Médico-Psychologiques : lesservices de psychiatrie publique proposent des consultations et prises en charges pour tous les troubles psychiques (adresses dans les Pages jaunes) ;
  • Les associations de prévention du suicide.

Rédaction

Synthèse réalisée par Marc Oeynhausen, octobre 2011. Mise à jour le 24 février 2013 après publication de l'avis du CESE.

À retrouver sur http://www.psycom.org/Espace-Presse/Sante-mentale-de-A-a-Z/Suicide
Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016
Organisme public d’information, de formation et de lutte contre la stigmatisation en santé mentale.
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