Les cancers urologiques

Information proposée et validée par Haute Autorité de Santé - HAS Publiée le 21/03/2013

Dr Marie-Claude Hittinger
Chef de projet – Service maladies chroniques
et dispositifs d’accompagnement des malades – HAS

Quelle est l’incidence des cancers du rein et de la vessie ?
En 2009, l’incidence du cancer du rein était estimée à 10 125 nouveaux cas. Ce cancer, deux fois plus fréquent chez l’homme, représente environ 3 % des tumeurs malignes de l’adulte. L’âge moyen du diagnostic se situe à 65 ans. Certains facteurs de risque sont connus : dialyse depuis plus de trois ans favorisant une dysplasie multikystique, obésité, tabagisme. D’autres sont suspectés : hypertension artérielle, exposition au cadmium, à l’amiante. Il existe également des formes familiales héréditaires, dont la plus fréquente est la maladie de von Hippel-Lindau (1 à 2 % des cancers du rein).
En ce qui concerne le cancer de la vessie, son incidence est estimée à 10 700 cas en 2009, dont plus de 80 % chez l’homme. Les principaux facteurs de risque sont le tabagisme, ainsi qu’une exposition à certains agents chimiques (goudrons, huiles de houille, suies de combustion du charbon). Une exposition professionnelle doit être systématiquement recherchée et, en cas de doute, le médecin doit orienter le patient vers une consultation pour maladies professionnelles.

guillemet_hautLes patients sont adressés à une équipe
spécialisée pluridisciplinaire, exerçant dans
un établissement autorisé pour la chirurgie
des cancers urologiques
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Comment sont diagnostiqués ces cancers ?
Le cancer du rein est le plus souvent découvert de manière fortuite, lors d’une échographie ou d’une tomodensitométrie abdominale (60 % des cas). Il peut aussi être révélé par la triade ou l’un des signes suivants : hématurie (totale, indolore, spontanée, récidivante), douleur du flanc, palpation d’une masse lombaire ; ou encore l’expression symptomatique d’une métastase, ou des signes généraux non spécifiques (altération de l’état général).
Le scanner abdominal est l’examen de première intention devant une forte suspicion de tumeur rénale. Le diagnostic est confirmé par l’examen anatomopathologique de la pièce opératoire ou, plus rarement, de la biopsie percutanée.
Quant au cancer de la vessie, il doit être évoqué devant toute hématurie macroscopique, classiquement terminale et indolore. Le diagnostic repose sur une échographie de l’appareil urinaire par voie suspubienne, une cytologie urinaire et une cystoscopie de la vessie (voir infographie).

 
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infographie : Pascal Marseaud

Quelles équipes sont à même d’assurer une prise en charge de qualité ?
Qu’il s’agisse du cancer du rein ou de celui de la vessie, les patients sont adressés à une équipe spécialisée pluridisciplinaire, exerçant dans un établissement autorisé pour la chirurgie des cancers urologiques, qui confirme le diagnostic.
La liste des établissements autorisés est disponible à l’adresse www.e-cancer.fr/soins

Quelles sont les spécificités de la prise en charge ?
Le cancer du rein est résistant à la chimiothérapie cytostatique classique et à la radiothérapie, mais les nouvelles molécules de thérapies ciblées ont modifié, depuis une dizaine d’années, le traitement des formes métastatiques. La néphrectomie reste le traitement de référence. L’intervention chirurgicale est réalisée par chirurgie classique ou par voie coelioscopique – celle-ci est néanmoins encore en cours d’évaluation. Des techniques mini-invasives et conservatrices, également en cours d’évaluation, sont proposées dans quelques établissements de santé : radiofréquence, cryoablation. Pour les formes métastasées du cancer du rein, il n’y a pas de traitement standard. Les options thérapeutiques sont les thérapies ciblées ou l’immunothérapie. La néphrectomie n’est pas contre-indiquée. Enfin, la radiothérapie peut être proposée pour traiter les métastases cérébrales ou osseuses. Le traitement du cancer de la vessie dépend de l’infiltration ou non du muscle vésical. En cas de tumeur non infiltrante (70 à 80 % des cas), le traitement est conservateur avec une résection transurétrale de la vessie, pouvant être suivie d’une instillation endovésicale de mitomycine C ou de BCG. Pour les formes infiltrant le muscle vésical, le traitement de référence repose sur la cystectomie totale.
 


Quel rôle le médecin traitant peut-il jouer ?
Comme pour tout cancer, le rôle du médecin traitant est primordial pour évoquer le diagnostic, initier la démarche diagnostique et demander sans délai un avis spécialisé devant toute suspicion. Le médecin traitant assure la coordination des soins et la surveillance du patient en ambulatoire, en lien avec l’équipe spécialisée.
Pour le cancer du rein, il peut prendre en charge les effets indésirables de l’immunothérapie et des thérapies ciblées (plus généraux que ceux provoqués par les chimiothérapies classiques) : troubles digestifs, diarrhée, fièvre, fatigue, hématotoxicité, hypertension artérielle…
Pour le cancer de la vessie, les risques élevés de récidive des formes non infiltrantes et de maladie thromboembolique nécessitent une surveillance.


Les médecins traitants de plus en plus impliqués  
                                                   

Comme pour tout type de cancer, la prise en charge thérapeutique est définie en réunion de concertation pluridisciplinaire, en lien avec le médecin traitant. Elle est présentée au patient au cours d’une consultation d’annonce et fait l’objet d’un accord mutuel. Tous ces éléments sont consignés dans le programme personnalisé de soins, remis au patient et adressé au médecin traitant.
Le rôle du médecin traitant est appelé à être renforcé, notamment dans le suivi. C’est d’ailleurs l’un des axes principaux du plan Cancer 2009-2013.
L’objectif des guides ALD, élaborés en collaboration avec l’Inca, est de favoriser la coordination entre équipe spécialisée et médecin traitant et de promouvoir un parcours de soins de qualité.


Pour en savoir plus, retrouvez :

Retrouvez sur les sites de l’Inca et de la HAS les guides médecin et patient, ainsi que les listes des actes et prestations :
• ALD n° 30 – Cancer du rein de l’adulte
• ALD n° 30 – Cancer de la vessie


 

 Sommaire

À retrouver sur http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1045931/fr/les-cancers-urologiques
Information proposée et validée par Haute Autorité de Santé - HAS Publiée le 21/03/2013
La Haute Autorité de Santé, est une autorité publique, indépendante, à caractère scientifique, qui vise à assurer à tous les meilleurs soins. Elle trois missions principales : évaluer l’intérêt des médicaments, des dispositifs médicaux et des actes en vue de leur remboursement par l’Assurance maladie, élaborer des recommandations de bonnes pratiques pour les médecins, définir des parcours de soins, faciliter le bon soin, au bon moment pour le bon patient et certifier les hôpitaux et les cliniques, mesurer leur qualité. Par ses travaux, la HAS éclaire la décision des pouvoirs publics, accompagne les professionnels de santé, informe les personnes malades et les usagers du système de santé.
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