Les mutilations sexuelles

Information proposée et validée par Santé publique France - Fil santé jeunes Publiée le 08/11/2016

L’expression « circoncision féminine » est la plus employée lorsqu’on parle de mutilations sexuelles féminines. Celles-ci regroupent en réalité toutes les interventions comprenant l’ablation totale ou partielle, ou la lésion des organes génitaux externes de la femme.

Qu’est-ce qu’une mutilation sexuelle ?

Il existe différents types de mutilations sexuelles, pratiquées aujourd’hui encore le plus souvent pour des raisons culturelles ou religieuses. L’excision du clitoris et des petites lèvres semble être la forme la plus courante, puisque qu’elle représente 80% des interventions. L’infibulation en est la forme la plus extrême (consiste à coudre les grandes lèvres afin d’empêcher les relations sexuelles), pratiquée dans 15% des cas.

Quels risques ?

Pour la santé

Les mutilations sexuelles féminines présentent des risques pour la santé, immédiats ou à long terme. Ces risques dépendent du type et de la gravité de l’intervention pratiquée.

  • Les complications immédiates : douleurs, hémorragie, infections de la zone génitale ou lésions des tissus, celles-ci pouvant parfois même entraîner la mort. La question de la transmission du VIH due à l’utilisation d’un même outil pour plusieurs opérations se pose également aujourd’hui.
  • Les conséquences à long terme : kystes et abcès, lésion de l’urètre générant une incontinence urinaire, rapports sexuels douloureux, dysfonctionnement sexuel…

Lors de l’accouchement

Les femmes mutilées sexuellement rencontrent également plus de problèmes au moment de l’accouchement, pour elles comme pour leur bébé. Le risque de césarienne, d’hémorragies, de ré-animation néonatale, de naissance prématurée et de décès du nourrisson est accru.

Les conséquences psychologiques

Les mutilations sexuelles féminines peuvent être vécues comme un réel traumatisme, comme une trace qui marque à vie celles qui les ont subies. Lorsqu’elles en ont été victimes enfant, certaines jeunes filles n’apprennent que beaucoup plus tard qu’elles ont été mutilées. Au delà des conséquences sur le corps au quotidien ou sur leur sexualité, il est alors question de leur identité et de leur intégrité en tant que femme.

Quelques chiffres aujourd’hui

La plupart des cas de mutilation sexuelle concerne 28 pays d’Afrique, mais aussi l’Asie et le Moyen-Orient. Le nombre de victimes s’accroît aussi dans l’ensemble de l’Europe, au Canada et aux USA, avant tout parmi les populations immigrantes de ces pays. On compte actuellement 130 millions de femmes et d’enfants victimes de mutilation sexuelle dans le monde.

La loi en France

Au titre de « violences ayant entraîné une infirmité permanente » dans le code pénal, les mutilations sexuelles féminines sont depuis le 1er mars 1994 punies de 10 ans de prison et de 150 000 euros d’amende et de 15 ans de réclusion criminelle si elles touchent à des mineures de moins de 15 ans.

La loi du 5 avril 2006 sur la prévention et la répression des violences contre les enfants stipule qu’il est possible pour les jeunes femmes ayant subi des sévices enfant peuvent porter plainte jusqu’à 20 ans à partir de leur majorité (art.222-10, 222-12).

Aujourd’hui dans le monde, et notamment dans les pays où ces pratiques sont encore courantes, des personnes luttent pour les faire disparaître. En France, le Ministère de la Santé se mobilise actuellement pour mettre en place des actions de prévention des mutilations sexuelles féminines : groupes de paroles et prises en charge psychologiques proposées aux victimes, travail de lien avec les familles issues d’une autre culture, suivi médical accentué notamment pendant la grossesse, formations spécifiques du personnel infirmier et obstétrical …

Au delà des actions de prévention, les femmes qui le souhaitent peuvent avoir recours à une intervention chirurgicale réparatrice. Rencontrer et être suivie par un gynécologue est pour cela indispensable.

Pour en savoir plus ou être aidée, vous pouvez :

  • Appeler Fil Santé Jeunes, au 0800 235 236 (anonyme et gratuit, ouvert tous les jours de 9h à 23h). Nous serons là pour vous écouter et vous orienter vers des lieux de prise en charge près de chez vous.
  • Vous adresser au Groupe de Femmes pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles en appelant le 01 43 48 10 87 ou sur le site de la fédération : http://www.federationgams.org/

Sources : Organisation Mondiale de la Santé – Le Quotidien du Médecin

À retrouver sur http://www.filsantejeunes.com/les-mutilations-sexuelles-5738
Information proposée et validée par Santé publique France - Fil santé jeunes Publiée le 08/11/2016
Une équipe d’adultes aux compétences professionnelles complémentaires, habitués à répondre aux questions santé des jeunes. Nous avons tous l’expérience de l’écoute téléphonique sur le numéro vert Fil Santé Jeunes (0 800 235 236). Notre équipe est composée de professionnels de santé (médecins et psychologues) et chaque texte publié est validé par un comité de rédaction composé de plusieurs membres de l’équipe. Elle comporte aussi des professionnels du net. Notre accompagnement est totalement gratuit. Ce service est réservé aux jeunes de 12 à 25 ans
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