Norlevo : la pilule du lendemain

Information proposée et validée par Santé publique France - Fil santé jeunes Publiée le 22/11/2016

Son nom commercial est NORLEVO. C’est sous l’appellation « pilule du lendemain» qu’on la connaît le mieux. Or ce N’EST PAS une méthode contraceptive comme l’est la pilule contraceptive. Essayons de comprendre pourquoi.

Composition

Elle contient un progestatif seul.

Type d’action

Par un apport hormonal important, son mode d’action consiste à perturber une possible ovulation afin qu’il n’y ait pas de rencontre avec un spermatozoïde.

Utilisation

A la suite d’un rapport non ou mal protégé (sans aucune contraception ou avec une méthode défaillante comme l’oubli de pilule, l’accident de préservatif etc…), l’utilisatrice prend le plus vite possible un comprimé de Norlevo. Pour que cette contraception d’urgence soit efficace il faut la prendre au plus tard dans les 3 jours (72h) qui suivent la prise de risque. Le plus tôt est le mieux car c’est là qu’elle garantit le maximum d’efficacité. Au-delà des 3 jours, c’est la prise de la pilule du surlendemain EllaOne qui est indiquée. La période de risque de grossesse est présente tout au long du cycle menstruel.

Son efficacité

Nous l’avons dit, ce n’est pas une méthode contraceptive donc son efficacité ne peut pas être de 100%. En revanche, les études montrent que si la pilule Norlevo est prise dans les 72h suivant la prise de risque, son efficacité avoisinerait les 95%. Le comprimé doit donc être pris le plus tôt possible car l’efficacité maximale est assurée dans les 24h suivant le rapport sexuel non ou mal protégé. Cette efficacité diminue avec le temps.

Par ailleurs, l’efficacité de la pilule du lendemain n’est pas garantie chez les femmes pesant 75kg et plus, et elle est nulle chez les femmes pesant plus de 80kg. Dans ces cas-là, il est conseillé d’avoir recours à la pilule du surlendemain EllaOne ou de demander conseil à son médecin.

Où et comment l’acheter ? Son prix

La contraception d’urgence est en vente libre en pharmacie.

  • Pour les mineures, elle est délivrée gratuitement tant en pharmacie qu’en centre de planification, infirmerie scolaire… Le pharmacien, malgré ses convictions personnelles, a le devoir de la délivrer sans demander de justificatif d’âge (JO du 10/01/02).
  • Pour les majeures, elle est payante, son coût varie de 6,20 à 7,60 euros. Si elle est délivrée avec ou sans prescription médicale, et est remboursée à 65% par la Sécurité Sociale. Elle est également délivrée dans les centres de planification et les plannings familiaux.

Ses avantages

Son utilisation est très simple : une seule prise dès que possible. Elle réduit considérablement les risques de grossesses non désirées, elle permet aux mineures d’avoir accès à une solution d’urgence sans en informer au préalable leurs parents. Elle est accessible facilement et gratuitement. Elle ne nécessite pas de suivi médical, ni d’intervention.

Ses inconvénients

A cause de son apport massif d’hormones, des effets secondaires peuvent survenir comme des nausées, des maux de têtes et des saignements vaginaux. L’inconvénient majeur réside dans le fait qu’elle est souvent utilisée comme méthode contraceptive alors que ce n’en est pas une. La distinction n’est pas toujours comprise. La prendre de façon systématique pourrait perturber les cycles menstruels et faire baisser son efficacité.

Que faire en cas de problème ?

Comme tous les traitements qui se prennent par voie orale, la pilule du lendemain est sensible aux vomissements et aux diarrhées aiguës. Si elle était rejetée moins de 3h après sa prise, alors il faudrait que l’utilisatrice en reprenne une, car son organisme n’aura pas eu le temps de l’assimiler. Par ailleurs, cette contraception d’urgence est valable pour le rapport qui vient d’avoir lieu, et non pour les suivants. Cependant, dans un intervalle de 12h, son action couvre plusieurs rapports. Si plusieurs rapports non protégés avaient lieu à quelques jours d’intervalle, il faudrait reprendre une pilule du lendemain.

Commentaires

Commercialisée en Mai 1999, cette contraception d’urgence a permis aux plus démunies de minimiser les risques de grossesse. Cependant, fait paradoxal, le nombre d’IVG en France reste stable. La difficulté majeure rencontrée avec cette contraception est qu’elle est souvent assimilée à une méthode contraceptive ou à une pilule abortive (on peut la confondre avec la technique d’interruption de grossesse volontaire par voie médicamenteuse). Résultat : des jeunes femmes se retrouvent quand même enceintes alors qu’elles se croyaient protégées par Norlevo. Cette contraception d’urgence ne protège pas des IST.

Les infirmières scolaires ont accédé à un nouveau statut grâce à leur habilitation à délivrer cette contraception au sein des établissements scolaires. Elle sont devenues des partenaires sur lesquelles les élèves peuvent compter.

Deux autres contraceptions d’urgence existent, il s’agit

  • du DIU (Dispositif Intra Utérin) au cuivre qui consiste en la pose d’un stérilet dans les 5 jours qui suivent le rapport à risque. Il nécessite une consultation médicale.
  • de la pilule du surlendemain EllaOne
À retrouver sur http://www.filsantejeunes.com/norlevo-la-pilule-du-lendemain-5131
Information proposée et validée par Santé publique France - Fil santé jeunes Publiée le 22/11/2016
Une équipe d’adultes aux compétences professionnelles complémentaires, habitués à répondre aux questions santé des jeunes. Nous avons tous l’expérience de l’écoute téléphonique sur le numéro vert Fil Santé Jeunes (0 800 235 236). Notre équipe est composée de professionnels de santé (médecins et psychologues) et chaque texte publié est validé par un comité de rédaction composé de plusieurs membres de l’équipe. Elle comporte aussi des professionnels du net. Notre accompagnement est totalement gratuit. Ce service est réservé aux jeunes de 12 à 25 ans
Santé publique France - Fil santé jeunes
Le contenu proposé vous a-t-il été utile ?