Prothèses mammaires et risque de cancer - Réduire les risques de cancer

Information proposée et validée par Institut national du cancer Publiée le 17/03/2015

Date de dernière mise à jour : 30/05/2016 La pose d'implants mammaires n'est pas anodine, qu'il s'agisse de chirurgie reconstructrice ou à visée esthétique. Comme pour toute opération, il existe des aléas liés à la douleur, à une mauvaise cicatrisation, ou encore à l'anesthésie générale. On peut aussi observer un risque de rupture de la prothèse ou d'inflammation et, exceptionnellement, un risque de développer une forme très rare de lymphome du sein, qui ne touche que les femmes porteuses de prothèses mammaires.

Les prothèses mammaires sont utilisées en France depuis plusieurs années et l'on estime qu'environ 340 000 femmes en sont porteuses ou en ont porté. Il s'agit d'enveloppes de différentes formes et pouvant contenir du gel de silicone ou une solution saline (sérum physiologique). Elles sont utilisées en chirurgie reconstructrice, notamment après une mastectomie, ou pour augmenter le volume de la poitrine dans le cadre d'une chirurgie esthétique. Ces prothèses sont dites « internes » car elles sont implantées dans le corps, sous la glande mammaire ou sous les muscles du thorax. Au bout de quelques années, elles peuvent se dégrader et il peut être nécessaire de les changer.

Les prothèses mammaires, qui sont considérées comme des dispositifs médicaux à risque, font l'objet d'une surveillance particulière assurée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Depuis la survenue de l'affaire des prothèses mammaires PIP en 2010, les pouvoirs publics ont renforcé les actions pour suivre les femmes porteuses d'implants mammaires et s'assurer de la qualité de ces produits. C'est pourquoi le chirurgien doit remettre à chaque femme qu'il a opérée une « carte d'implant », sur laquelle figurent la marque et la référence de ses prothèses.


Un risque extrêmement faible de développer une forme rare de lymphome

Dans le cadre de cette surveillance particulière, 18 cas d'un cancer rare, le lymphome anaplasique à grandes cellules (LAGC) du sein, ont été signalés à l'ANSM depuis 2011. Ces cas ont été confirmés par le réseau national expert LYMPHOPATH, spécialisé dans la double lecture anatomopathologique de tous les types de lymphomes.

Le LAGC du sein est une forme de lymphome non hodgkinien (LNH), c'est-à-dire un cancer du système lymphatique (lymphocytes), qui est le principal élément du système immunitaire de l'organisme. Ce cancer n'a été observé à ce jour que chez des femmes porteuses d'implants mammaires. Il surviendrait en moyenne entre 11 et 15 ans après la pose du premier implant. Dans la majorité des cas, il est de bon pronostic.

L'Institut national du cancer a réuni un groupe d'experts le 4 mars 2015 pour analyser ces cas, en déterminer la fréquence et actualiser les recommandations de prise en charge des femmes porteuses de prothèses mammaires, qu'elles soient atteintes de ce cancer ou non. Ce groupe a confirmé l'existence d'un lien entre la survenue d'un LAGC et le port d'un implant mammaire, tout en soulignant que ce risque est extrêmement faible.

En revanche, les données actuellement disponibles montrent que les femmes porteuses d'implants mammaires n'ont pas de risque accru de développer un cancer du sein (adénocarcinome) par rapport aux femmes qui n'ont pas d'implant.

Par ailleurs, le fait d'avoir des implants mammaires ne constitue pas un obstacle au dépistage du cancer du sein par mammographie, même s'il est nécessaire d'en informer votre radiologue au préalable.

Quelles recommandations pour les femmes ?

L'Institut national du cancer a formulé des recommandations sur la conduite à tenir pour les femmes porteuses de prothèses mammaires de la marque PIP en 2011. Ces recommandations ont été réévaluées en 2014 puis actualisées en 2015. Elles concernent toutes les marques d'implants mammaires.

Les femmes porteuses de prothèses mammaires PIP doivent bénéficier d'un examen clinique et d'une échographie annuelle (sein et aires axillaires) pour vérifier que leur implant est en bon état.

Pour les femmes porteuses d'implants d'autres marques, les experts réunis par l'INCa rappellent l'importance d'un suivi régulier, même en l'absence de symptôme particulier, afin notamment de vérifier que l'implant ne se dégrade pas. Ils préconisent la remise d'une fiche d'information aux femmes, avant la pose d'un implant mammaire, sur le risque de LAGC et les signes cliniques qui doivent les inciter à consulter. Ils rappellent enfin que toutes les femmes doivent faire l'objet d'un examen clinique des seins annuel dès l'âge de 25 ans, qu'elles portent des implants ou non.

Si vous-même, ou votre médecin, remarquez la présence de signes cliniques et /ou radiologiques qui évoquent une dégradation de l'implant mammaire, il vous proposera de le retirer (explantation). Ces interventions n'ont, le plus souvent, pas de caractère urgent. Il faut que vous en discutiez avec votre médecin en évaluant aussi les risques d'une explantation, qui sont ceux liés à une ré-intervention avec anesthésie générale et à un résultat morphologique différent.

Si vous n'avez pas d'implant mammaire et que vous réfléchissez à vous en faire poser, après une mastectomie ou pour des raisons esthétiques, il est important que vous puissiez faire ce choix en en connaissant les éventuels risques. Votre médecin pourra vous accompagner pour vous aider à prendre une décision. Vous pouvez aussi trouver des réponses à vos questions sur le site de l'ANSM.

Pour les femmes qui ont eu une mastectomie, différentes techniques de reconstruction existent, dont certaines peuvent être une alternative aux implants mammaires.



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Information proposée et validée par Institut national du cancer Publiée le 17/03/2015
L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.
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