Santé mentale et travail

Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016

Les problèmes de santé mentale sont les principales causes de l’absentéisme au travail, de la perte d’emploi et des prises de retraite anticipées. Globalement, on peut distinguer trois types de problèmes de santé mentale liés aux conditions de travail :

Les problèmes de santé mentale sont les principales causes de l’absentéisme au travail, de la perte d’emploi et des prises de retraite anticipées. Globalement, on peut distinguer trois types de problèmes de santé mentale liés aux conditions de travail :

Contexte

Les conditions de travail ont beaucoup évolué ces dernières années : les exigences de flexibilité, de mobilité et de responsabilité se sont accrues, lesprocessus de production et de communication se sont accélérés, le travail est devenu plus précaire. La pression psychique sur les employés, aussi, devient de plus en plus forte. Ces changements nécessitent des capacités d’adaptation et de dépassement de soi difficiles à assumer, d’où le constat d’une augmentation des problèmes de santé directement liés aux conditions de travail.

Au niveau de l’entreprise, une des conséquences est labaisse de productivité et de compétitivité pour la collectivité. Ce phénomène intéresse donc de plus en plus les employeurs. Selon l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, 40-50% des entreprises de plus de 250 salariés ont mis en place des procédures pour lutter contre les risques psychosociaux au travail (entre 20-30% des entreprises de moins de 50 salariés).

Qui est concerné ?

Selon l’Institut de veille sanitaire (INVS), en 2009 les principaux problèmes rencontrés par les français dans le cadre de leur travail sont :

  • le « mal être » : 24% des hommes et 37 % des femmes sont concernés. Ce sont les employés et professions intermédiaires qui sont les plus touchés, ainsi que les secteurs des activités financières, de l’administration publique et de la production et distribution d’électricité, de gaz et d’eau ;
  • le « job strain » : combinaison d’une forte demande psychologique au travail (manque de soutien) et d’une faible latitude décisionnelle, ainsi que des objectifs quantitatifs difficilement atteignables. 19,6 % des hommes et 28,2 % des femmes sont concernés par ce phénomène (plus particulièrement les employés de commerce et services et les ouvriers non qualifiés). Il peut être à l’origine de certains problèmes de santé mentale (dépression, anxiété). Pour les hommes, entre 13,6 et 31,1 % des cas de problèmes de santé mentale sont attribuables au « job strain » et entre 10,6 et 23,7 % pour les femmes ;
  • la « souffrance psychique » entrainant une maladie à caractère professionnelle (MCP)concerne 2,3% des femmes et 1,1% des hommes. Les secteurs dans lesquels il y a le plus de MCP sont la finance et l’administration (pour les hommes et les femmes) et la construction pour les femmes. Les catégories professionnelles les plus touchées sont les cadres et les professions intermédiaires. Les ouvriers sont moins concernés par ce phénomène.
  • les problèmes d’alcool concernent majoritairement les hommes (10,4 % d’hommes et 2,3 % des femmes) et plus particulièrement les secteurs des activités financières, les services collectifs, sociaux et personnels et les administrations publiques ;
  • le risque suicidaire : la prévalence destentatives de suicide au cours de la vie est plus élevée chez les femmes (6,9 % contre 3,1 % des hommes). La catégorie sociale la plus concernée correspond aux ouvriers (12,5 % des femmes et 3,9 % des hommes). Au niveau du taux de mortalité par suicide, la tendance s’inverse (trois fois plus d’hommes que de femmes). Ce sont plus particulièrement les ouvriers et employés qui se suicident. Les secteurs santé, action sociale, immobilier, construction et les administrations publiques comptent les taux de suicide les plus élevés (étude de l’InVS sur la période de 1976-2002 ). Dans les professions libérales, ce sont les agriculteurs qui présentent un risque élevé de suicide.

Les risques liés aux conditions de travail

Les conditions dans lesquelles va s’exercer l’activité professionnelle des personnes peuvent être à l’origine de l’apparition de certains troubles psychiques. Plusieurs facteurs de risque sont à prendre en compte :

  • forte demande psychologique mais faible latitude décisionnelle (« job strain ») ;
  • faible soutien social ;
  • manque de communication et d’information, manque de participation ;
  • le déséquilibre effort/récompense ;
  • l’exposition à des menaces et humiliations, de la violence ou des situations stressantes (enseignement, secteur social et médical), harcèlement moral ;
  • travail précaire ;
  • consignes, organisation et objectifs personnels peu claires ou ambiguës ;
  • contraintes de rythme de travail, horaires de travail non compatibles avec une vie de famille ;
  • surinvestissement au travail ;
  • l’obligation de travailler d’une manière qui heurte la conscience professionnelle ;
  • contraintes physiques, contraintes de temps ;
  • charge organisationnelle ;
  • monotonie.

L’incidence du chômage sur la santé mentale

La perte de travail et le chômage sont associés à un risque accru de stress, troubles anxieux, dépression et troubles psychotiques. Sur le plan social, un divorce et le repli sur soi sont parfois la conséquence. Une situation financière plus incertaine et plus particulièrement l’endettement vont accroître le risque de dépression. 

Comment remédier aux problèmes de santé mentale au travail ?

Pour remédier aux problèmes de santé mentale au travail, ceux-ci doivent être détectés le plus tôt possible, afin de stopper les effets néfastes.

La « Déclaration de Luxembourg pour la promotion de la santé dans l'entreprise » de 1997 suggère d’améliorer l'organisation et les conditions de travail, de promouvoir la participation active et d’encourager le développement personnel.

Afin de réaliser ces objectifs, l'entreprise doit intégrer la promotion de la santé au sein de ses objectifs et permettre la participation active des salariés à ces actions. Par ailleurs, elle doit s’engager à améliorer les conditions de travail, à prendre en compte les comportements individuels de ses employés et leurs besoins en termes de santé.

Selon Berkels et al (2004), les projets actuellement mis en place dans les entreprises portent sur trois niveaux d’intervention :

  • le niveau individuel : renforcer les ressources personnelles pour lutter contre le stress, l'usure et les conflits interpersonnels ;
  • l'environnement social : améliorer les relations au travail, promouvoir la culture d'entreprise, lutter contre le harcèlement moral ;
  • les conditions de travail : améliorer la latitude décisionnelle, l'organisation du travail,  favoriser l'autonomie, réduire les facteurs de risque.

Rédaction

Synthèse réalisée par Marc Oeynhausen (octobre 2011) à partir des documents « La santé mentale et le bien-être sur le lieu de travail – protection et intégration en période difficile », OMS, 2010, « Santé mentale et travail », 4e journée scientifique du Département santé travail, InVS, 2009, « Promoting Mental Health and Well-being at Workplaces, Thematic Conference under the European Pact for Mental Health and Well-being », Berlin, mars 2011.

À retrouver sur http://www.psycom.org/Espace-Presse/Sante-mentale-de-A-a-Z/Sante-mentale-et-travail
Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016
Organisme public d’information, de formation et de lutte contre la stigmatisation en santé mentale.
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