Thérapies en ligne

Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016

Compagnon omniprésent de notre quotidien contemporain, Internet n'est pas sans influence dans le champ de la santé mentale. Nées aux Etats-Unis, les consultations psychologiques en ligne connaissent aujourd'hui un succès croissant

Compagnon omniprésent de notre quotidien contemporain, Internet n'est pas sans influence dans le champ de la santé mentale. Nées aux Etats-Unis, les consultations psychologiques en ligne connaissent aujourd'hui un succès croissant. Pour les digiborigènes[1] (Prensky, 2001), trouver une aide thérapeutique sur le réseau est parfaitement naturel. Ne remplaçant pas une thérapie en face-à-face, cette formule ouvre néanmoins la porte à un public qui, sans internet, ne l'aurait peut-être jamais franchie. Aujourd’hui, la question n'est plus de savoir si Internet peut ou non être le lieu d'une pratique thérapeutique, elle est de savoir comment utiliser le réseau sans céder sur la déontologie.

Historique

Bien avant l'avènement de l'électronique, Freud analysait par échange de correspondance certains patients. Dès 1985, l'Université de Cornell mit en place un service spécialisé de réponses par courriel, dont le succès fut immédiat et qui s'est maintenu jusqu'en 2012.

Sur la toile, psychologie et psychothérapie ont d'abord été un objet d'échange avant de devenir une pratique. Les personnes présentant des difficultés psychologiques (ou leurs proches) ont commencé par utiliser le réseau comme un moyen de communication, d'information et d'aide, et se sont structurées en communautés. Les premiers professionnels de la santé mentale investissent l'Internet en 1995. Dans les années 2000, on assiste dans le monde anglo-saxon à l'ouverture de véritables cyber-cliniques pouvant regrouper plusieurs dizaines de psychothérapeutes.

Dès 1999, la Société internationale pour la santé mentale en ligne (ISMHO)  met en place un groupe d'experts chargés d'étudier les cas cliniques traités par thérapie en ligne.

En France, le Syndicat national des psychologues comme la Fédération française des psychologues et de psychologie ne sont pas réfractaires au principe de thérapies en ligne, tant qu'un cadre strict est respecté.

Les différents types de thérapie en ligne

  • Le conseil psychologique par réponse individuelle par courriel ou sur un forum
  • La psychothérapie au long cours par courriel
  • La psychothérapie en temps réel par messagerie instantanée
  • La psychothérapie par visioconférence, qui permet un véritable entretien par écran interposé
  • Les groupes de soutien en ligne, pouvant être formés par des professionnels

L'internet peut également être utilisé en complément d'une psychothérapie, ce qui étend le temps de suivi thérapeutique et accroît la quantité de matériel accumulé par le thérapeute.

On peut aussi citer des expérimentations telles que la thérapie de « désengagement attentionnel » développée par A.Heerenn, chercheur à l'UCL, pour soigner les troubles émotionnels via un programme informatique. Ce type de thérapie peut parfaitement être pratiquée en ligne.

Pourquoi consulter en ligne ?

  • Le premier intérêt évident d'une thérapie en ligne est l'accessibilité. Internet facilite l'accès au thérapeute, que le patient ne soit pas en mesure de se déplacer (handicap, éloignement géographique), ou qu'il soit freiné par l'idée d'une rencontre réelle (s'il souffre de phobie, d'anxiété et/ou de timidité).
  • Elle permet de conserver son anonymat.
  • Une thérapie en ligne peut également présenter un intérêt économique, avec des honoraires moins coûteux.
  • Elle est plus flexible en termes de temps (échanges de courriels, rendez-vous flexibles).
  • Les échanges virtuels permettent aux indécis de se faire une idée plus précise du travail possible avec un psychothérapeute.

De plus, Internet présente des avantages spécifiques du point de vue de la thérapie :

  • Certaines personnes se montrent  plus expressives par écrit que lors d'une rencontre en face-à-face. Ainsi, les personnes ayant vécu des traumatismes peuvent préférer le silence et la qualité non tactile de la communication textuelle.
  • La conservation des échanges permet au thérapeute comme au patient de revenir sur des échanges anciens.
  • La conversation asynchrone permet de préciser pensées et questions.

Limites des thérapies en ligne

Peut-on assimiler une thérapie à une démarche d'achat à distance ? L'avènement des thérapies en ligne interroge ce qui fait l'essence d'une relation thérapeutique. Cette dernière nécessite-t-elle une rencontre et une présence physique ? Les pratiques traditionnelles sont-elles transférables telles quelles du monde physique au monde virtuel ?

Par ailleurs, il soulève d'autres questions, spécifiques au media utilisé : quelles règles déontologiques appliquer ? Comment  garantir la confidentialité des échanges ? Que laisse voir le psychologue de lui-même sur internet, et inversement, peut-il s'autoriser des recherches sur ses patients ?

Un certain nombre de limites aux thérapies en ligne ont été identifiées par les praticiens eux-mêmes (par l'ISMHO notamment) :

  • Une thérapie en ligne ne peut prendre en compte l'importante quantité d'information communiquée de manière non verbale lors d'un échange « physique », d'où de potentielles incompréhensions.
  • Les situations à risque (risque suicidaire par exemple) sont plus difficiles à évaluer. Plus généralement, la perte des repères visuels et auditifs réduit la capacité à établir un diagnostic.
  • Il est plus difficile pour le thérapeute de répondre à l'obligation de signalement en cas d'abus ou de violence.
  • Les thérapies en ligne ne sont pas indiquées pour les patients psychotiques ou ayant besoin d'une médication (Stofle, 1997), mais comment faire en ligne les évaluations nécessaires ?
  • Il n'existe pas à ce jour de formation appropriée à la pratique en ligne.

Conseils pour une cyberthérapie réussie

Pour les patients

  • S'assurer de la compétence du thérapeute (formation, références). La certification FF2P que certains thérapeutes mettent en avant n'a aucune valeur légale. Eviter tout thérapeute qui n'est pas identifiable hors ligne. A consulter: le registre ADELI pour les psychologues, le Conseil de l'ordre des médecins pour les psychiatres, et les annuaires des institutions psychanalytiques (ameli-direct.fr )
  • N'opter pour une thérapie en ligne que si l'on est totalement à l'aise avec les dispositifs d'écriture en ligne.
  • Eviter tout thérapeute promettant un résultat garanti, rapide et sans difficultés, ou qui se fait payer d'avance.
  • Eviter les thérapeutes dont le site affiche des bannières publicitaires.
  • Se renseigner sur la manière dont les échanges sont stockés et protégés.
  • En cas de litige, le patient a plus de facilités à faire valoir ses droits si le thérapeute réside dans le même pays que lui.

A noter qu'avant d'opter pour une solution payante, un certain nombre de numéros de téléphone non surtaxés ou gratuits permettent d'obtenir une réponse immédiate à une situation de crise.

Les conseils de la HAS en matière d'Internet Santé 

Pour les thérapeutes

  • Informer en amont les patients sur les bénéfices et risques potentiels d'une thérapie en ligne, les limites de confidentialité, les délais de réponse aux mails et la fréquence des rendez-vous.
  • Etre identifiable par son nom et présenter ses diplômes sur son site.
  • Annoncer à l'avance le prix, les processus visés et le modus operandi de la psychothérapie
  • Ne pas prendre en charge des personnes souffrant de troubles sévères (hallucinations, délire) ou en situation de risque suicidaire.
  • Etre suffisamment à l'aise avec l'internet pour pouvoir interpréter correctement les vides que laisse la communication en ligne.

 

[1] Le terme désigne tous ceux pour qui les espaces numériques sont un espace de vie

 

Rédaction

Synthèse réalisée par Anaïs Bon à partir des documents listés dans la rubrique "Sources". Février 2015

À retrouver sur http://www.psycom.org/Espace-Presse/Sante-mentale-de-A-a-Z/Therapies-en-ligne
Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016
Organisme public d’information, de formation et de lutte contre la stigmatisation en santé mentale.
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