Troubles du comportement chez l’enfant

Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016

Le TDAH est un trouble dit « neuro-psycho-développemental » qui toucherait 5,6% des enfants d’âge scolaire en France. C’est le trouble le plus prévalent en psychopathologie de l’enfant.

Le trouble déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH)

Le TDAH est un trouble dit « neuro-psycho-développemental » qui toucherait 5,6% des enfants d’âge scolaire en France. C’est le trouble le plus prévalent en psychopathologie de l’enfant. Une enquête menée par l’association HypersSupers TDAH  en 2009 révèle que dans 77% des cas, ce sont des difficultés dans le milieu scolaire qui poussent les parents à investiguer le problème de l’enfant ; le diagnostic fait souvent suite à plusieurs années d’errance médicale.

Les trois symptômes clés du TDAH sont le manque d’attention (qui préoccupe les familles au premier chef et tend à s’accroître avec l’âge), l’impulsivité et l’hyperkinésie (ou hyperactivité). L’enfant souffrant de TDAH :

  • contrôle difficilement ses émotions,
  • se montre agité, colérique, voire agressif
  • à l’école, il souffre de rejet social car il fait le pitre et paraît parfois violent.

Non identifié et mal pris en charge, le TDAH constitue un facteur de risque supplémentaire de développement d’un trouble des conduites ou du comportement. Le premier soin qui peut être apporté à l’enfant est la compréhension ouverte par le diagnostic, qui permet de réduire la stigmatisation dont il fait trop souvent l’objet. Aujourd’hui, la coordination des soins (rééducations et thérapies) est le plus souvent assurée par les parents.

Depuis 2005, la présence de la notion de handicap cognitif dans la loi facilite la reconnaissance des difficultés d’apprentissage et d’adaptation sociale des enfants ayant un TDAH.

Le trouble des conduites

Autrefois appelé « trouble du comportement », le trouble des conduites chez l’enfant occupe une place délicate entre psychiatrie et justice, punition et soin. La classification internationale des maladies de l’OMS (CIM 10) le définit comme « un ensemble de conduites répétitives et persistantes dans lesquelles sont bafoués soit les droits fondamentaux des autres, soit les normes ou les règles sociales correspondant à l’âge de l’enfant », et retient 23 symptômes assez divers allant des accès de colère et de la désobéissance répétée, à la destruction de biens ou la violence physique. Ces comportements sont reconnus en tant que trouble dès lors qu’ils deviennent dérangeants pour l’individu et son entourage.

Le trouble des conduites (notion médicale) ne doit pas être confondu avec la délinquance (notion juridique). Si le trouble des conduites peut représenter un facteur de risque de délinquance, tout adolescent coupable selon la loi d’actes délictueux ne souffre pas nécessairement d’un trouble des conduites.

En population générale, la prévalence du trouble des conduites est plus élevée à l’adolescence (3-9%) que pendant l’enfance (2%), avec une moindre fréquence de formes agressives du trouble chez les filles que chez les garçons (1-2% contre 4% à l’adolescence). En population délinquante, la prévalence se situe selon les études entre 19% et 95% chez les garçons. La comorbidité avec le trouble oppositionnel avec provocation est observée dans presque tous les cas ; elle est également importante avec le TDAH (dans la moitié des cas), la dépression (un tiers des cas), lestroubles anxieux (un tiers à la moitié des cas) et les troubles spécifiques des apprentissages (un tiers des cas).

En moyenne, les deux tiers des enfants diagnostiqués (trouble à début précoce) le sont toujours à l’adolescence. Certains facteurs favorisant la chronicité du trouble ont été identifiés, tels qu’un âge de début précoce, le genre masculin, un bas niveau d’intelligence, une comorbidité avec un TDAH, la déstructuration de la cellule familiale ou des comportements antisociaux chez les parents.

Parmi les facteurs de risque pour le développement d’un trouble des conduites, ont pu être identifiés des facteurs congénitaux et la perturbation du développement neurologique (comme dans les cas de déficiences mentales et d’épilepsie), mais aussi des facteurs périnatals tels que le rejet maternel, l’exposition aux drogues et la prématurité du bébé, qui contribuent à une vulnérabilité. Les violences familiales notamment précoces sont des facteurs de risques importants qui viennent perturber la mise en place dans la prime enfance d’une régulation émotionnelle souple, celle-ci reposant sur la qualité des interactions entre un bébé et son environnement, notamment familial.

Le dépistage du trouble des conduites nécessite des précautions méthodologiques et éthiques. L’enfant présente des difficultés psychopathologiques et/ou développementales dont résulte une souffrance psychique qui l’amène à présenter des « conduites » pour lesquelles il a besoin de l’aide de son entourage et des professionnels de l’enfance. La prévention exige un travail partenarial, de nombreux intervenants étant impliqués, du champ social au champ judiciaire, en passant par celui de la psychiatrie. C’est le lien entre ces acteurs qui permet de recentrer le dispositif autour de la personne plutôt que de s’attacher exclusivement aux actes.

De même, la prise en charge du trouble doit prendre en compte le contexte global psychosocial et familial. En soutien d’un traitement psychothérapeutique, un traitement pharmacologique peut représenter un outil complémentaire utile, notamment lorsqu’il y a comorbidité avec d’autres troubles. Les troubles du comportement ne constituent pas en eux-mêmes une indication d’hospitalisation à temps complet, mais celle-ci peut être préconisée notamment pour extraire l’enfant d’un environnement familial pathogène.

Rédaction

Synthèse réalisée par Anaïs Bon à partir des documents listés dans la rubrique "Sources". Février 2015

À retrouver sur http://www.psycom.org/Espace-Presse/Sante-mentale-de-A-a-Z/Troubles-du-comportement-chez-l-enfant
Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016
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