Troubles du sommeil

Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016

Le sommeil assure plusieurs fonctions vitales, dont la maintenance du métabolisme neuronal, la mise au repos du système cardiovasculaire et l’équilibre du métabolisme des liquides. Selon une enquête de l'Institut national du sommeil et de la vigilance (2009), les troubles du sommeil concernent une personne sur trois en France.

Les différents troubles du sommeil

Le sommeil assure plusieurs fonctions vitales, dont la maintenance du métabolisme neuronal, la mise au repos du système cardiovasculaire et l’équilibre du métabolisme des liquides. Selon une enquête de l'Institut national du sommeil et de la vigilance (2009), les troubles du sommeil concernent une personne sur trois en France.

Les principaux troubles du sommeil sont :

Les troubles du sommeil sont fréquents chez les personnes ayant des troubles psychiques. Par ailleurs, des insomnies chroniques peuvent être à l’origine de certaines affections, comme les troubles de l’humeur (dépression) ou les troubles anxieux.

Les insomnies

Les insomnies sont des troubles liés à un sommeil insuffisant, de mauvaise qualité et non récupérateur. La conséquence est une fatigue et une somnolence en journée, ainsi qu'une irritabilité ou des troubles de l'humeur. Les insomnies peuvent être transitoires ou chroniques.

Les insomnies transitoires se manifestent sur un court terme (trois semaines au maximum). Elles ont généralement des causes facilement identifiables (mauvaise hygiène de sommeil, consommation de substances excitantes, évènements de vie stressants, affections médicales, changements environnementaux).

Les insomnies chroniques sont des perturbations du sommeil qui se manifestent depuis plus de trois semaines et dont les causes sont multifactorielles et souvent moins facilement identifiables. On distingue : 

  • L'insomnie psychophysiologique : un événement stressant va déclencher des mauvaises habitudes de sommeil qui vont devenir chroniques par la suite. La personne développe alors des conditionnements (crainte de ne pas dormir ou de mal dormir), qui vont renforcer et aggraver l'insomnie ;
  • L'insomnie psychiatrique : les personnes souffrant de certains troubles psychiques (troubles de l'humeur, troubles anxieux,troubles alimentairesschizophrénie) présentent souvent des insomnies ;
  • L'insomnie liée aux médicaments :l'insomnie fait partie des effets secondaires de certains médicaments, comme les amphétamines, les antidépresseurs, lesanxiolytiques et les antiparkinsoniens ;
  • L'insomnie organique : l'insomnie peut être liée à des affections médicales, des troubles respiratoires du sommeil ou à des mouvements anormaux au cours du sommeil :
    • les affections médicales à l'origine d'insomnies : il s'agit d'affections organiques ou neurologiques, comme les traumatismes crâniens, les maladies neurologiques dégénératives, les accidents vasculaires cérébraux, les douleurs aiguës, les affections pulmonaires, les troubles cardiovasculaires et endocriniens et le virus de l'immunodéficience humaine (VIH).
    • les troubles respiratoires du sommeil : les apnées-hypopnées du sommeil (AHS) peuvent se présenter sous forme de diminution de l'activité respiratoire (hypopnée), arrêt avec une persistance (apnée obstructive) ou alors des interruptions de la commande ventilatoire (apnée centrale). Une apnée correspond à une interruption de la respiration pendant plus de 10 secondes. Elle peut provoquer des réveils de courte durée et ainsi fragmenter le sommeil. Les conséquences sont une somnolence diurne importante, des troubles cognitifs (concentration, mémoire) et le ronflement ;

      Lorsqu'une personne fait plus de 15 apnées ou hypopnées par heure de sommeil, on parle de syndrome d'apnée du sommeil (SAS). Ce phénomène touche davantage les hommes que les femmes. Il s’explique souvent par des anomalies des voies aériennes supérieures. Le tabagisme et l'obésité sont des facteurs aggravants.
    • les mouvements anormaux pendant le sommeil : parmi les plus fréquents, on retrouve les mouvements périodiques des jambes au cours du sommeil (MPJS) et le syndrome des jambes sans repos (SJSR). Les MPJS durent entre 0,5 et 5 secondes et se produisent toutes les 4-90 secondes. Ils ont pour conséquences des éveils de courte durée et une désorganisation du sommeil (insomnie ou au contraire excès de sommeil).

Le SJSR correspond à des sensations désagréables au niveau des jambes et un besoin irrésistible de bouger à l'état d'éveil, souvent le soir au moment de l'endormissement. Dans 4 cas sur 5, le SJSR est associé aux MPJS.

Les hypersomnies

L'excès de sommeil peut être le résultat d’un allongement du sommeil de nuit, d’une somnolence excessive pendant la journée ou des deux. L’hypersomnie se traduit par la sensation d'avoir envie de dormir en permanence, voir par des endormissements involontaires

Il existe différentes formes d'hypersomnie :

  • La narcolepsie : les symptômes principaux de cette pathologie sont des endormissements involontaires fréquents et la cataplexie(une perte brutale, partielle ou complète, du tonus musculaire sans perte de conscience, souvent déclenchée par une émotion positive forte). D'autres symptômes sont les hallucinations hypnagogiques (au moment de l'endormissement) et les paralysies du sommeil (incapacité de parler et de bouger lors d'une transition veille/sommeil). La narcolepsie apparaît le plus souvent entre 15 et 25 ans. Selon certains chercheurs, elle serait due au dysfonctionnement d'une hormone (hypocrétine) responsable de la stabilisation des états de veille/sommeil ;
  • L'hypersomnie idiopathique : elle se caractérise par un temps de sommeil nocturne long (>10h) et une somnolence diurne importante avec des siestes longues, mais peu réparatrices (sentiment de n'être jamais pleinement éveillé) ;
  • Les hypersomnies psychogènes : liées à un trouble psychique (par exemple les troubles de l'humeur et plus particulièrement lestroubles bipolaires) ;
  • Les hypersomnies par insuffisance de sommeil : somnolence diurne excessive provoquée par une restriction non intentionnelle de sommeil ;
  • L’hypersomnie d'origine médicamenteuse :il s'agit d'effets secondaires de certains médicaments utilisés en psychiatrie (hypnotiquesneuroleptiques, antidépresseurs, antihistaminiques, antiépileptiques) ;
  • Les hypersomnies récurrentes : la plus fréquente est le syndrome de Kleine-Levinqui associe une somnolence intense et des troubles du comportement (hyperphagie, hypersexualité, irritabilité, voir hallucinations). Ce syndrome apparaît à l'adolescence quasi exclusivement chez les garçons. Il dure plusieurs jours et se termine par une rémission complète, mais réapparaît généralement à des intervalles variables ;
  • Les hypersomnies de causes médicales :tumeurs, accidents vasculaires cérébraux, maladies neurologiques dégénératives, affections virales, troubles endocriniens.

Les parasomnies

Les parasomnies sont des manifestations inhabituelles se déroulant durant le sommeil. Elles sont plus fréquentes chez les enfants et adolescents. On les distingue selon leur moment d'apparition :

  • Pendant le sommeil lent profond :somnambulisme (déambulations automatiques et involontaires, le sujet est amnésique de ces épisodes au réveil) et terreurs nocturnes (peur intense qui ne réveille pas la personne et dont elle ne garde pas de souvenir) ;
  • Pendant le sommeil paradoxal : cauchemars (rêves désagréables dont on garde le souvenir), troubles du comportement pendant le sommeil paradoxal (gestes anormaux, violents associés à des rêves mouvementées) et catathrénie (grognements ou vocalisations monotones).

Les parasomnies sont souvent des affections bénignes qui disparaissent avec l'âge et ne nécessitent pas de traitement particulier.

Les troubles du rythme circadien

Les troubles du rythme circadien correspondent à un décalage des horaires de sommeil et des moments d'éveil. Ils sont liés à un dysfonctionnement de l’horloge interne provoqué par :

  • des facteurs externes : horaires de travail décalés (travail à pauses ou de nuit), « jet lag » (troubles du sommeil liés aux décalages horaires chez les personnes voyageant fréquemment en avion) ;
  • des facteurs internes : dysfonctionnements de l'horloge interne qui peuvent se traduire par le syndrome de retard de phase(l'endormissement survient tardivement, après 2h du matin, le réveil est difficile, syndrome fréquent chez les adolescents), lesyndrome d’avance de phase(endormissement et réveil matinal précoce), des cycles veille/sommeil irréguliers(sommeil reparti en au moins trois épisodes aussi bien le jour que la nuit, trouble fréquent chez les personnes avec un handicap cérébral vivant en institution), le syndrome hypernycthémeral (décalage progressif des horaires de sommeil de 1 heure ou plus chaque jour, réveils de plus en plus difficiles).

Qui est concerné ?

D'après l'Institut national du sommeil et de la vigilance  (INSV, 2009), 32% des Français déclarent souffrir de troubles du sommeil, dont la plupart d'insomnies (84%). Les femmes (40%) et les personnes entre 45 et 55 ans (40%) sont particulièrement concernés par ces troubles. 

Selon l’INSV, la prévalence du syndrome d'apnée du sommeil est estimée à 10% de la population générale, mais seulement 3,2% des personnes interrogées disent en être affectées.

Quelles sont les conséquences ?

Les conséquences des troubles du sommeil sont nombreuses :

  • Conséquences sur la santé physique et mentale : troubles psychiques (troubles de l'humeur, troubles anxieux), mais aussi des accidents du travail et de la route, troubles digestifs, maux de tête, prises de poids, risques cardiovasculaires ;
  • Conséquences sur la vie professionnelle :difficultés de concentration, troubles de la mémoire, risque d'erreur accru, manque de dynamisme ;
  • Conséquences sur la vie sociale : irritabilité, manque d'énergie,  difficultés relationnelles ;
  • Conséquences économiques : absentéisme au travail, hospitalisations, consultations spécialisées.

Comment traiter les troubles du sommeil ?

  • Education à l'hygiène du sommeil : (par exemple : diminuer les excitants (café, alcool, tabac,…), éviter les activités physiques avant le sommeil, siestes thérapeutiques, choix du matelas, diminuer le temps passé au lit à la durée subjective du sommeil ;
  • Psychothérapies : il existe différentes formes de thérapies pour traiter les troubles du sommeil (les thérapies comportementales et cognitives, la psychanalyse, la psychothérapie psychanalytique, la psychothérapie de groupe) ;
  • Médicaments : différents médicaments peuvent soulager les troubles du sommeil. Dans les insomnies, le traitement dépend des troubles associés. Lorsque l'insomnie est associé à une dépression, un traitement parantidépresseur peut être envisagé, associée ou non à un hypnotique. Dans le cas d'une insomnie sans troubles associées, l'utilisation d'un hypnotique à courte durée d'action peut s'avérer suffisant.

Pour les hypersomnies, le Modafinil a montré son efficacité. Pour la Cataplexie, on utilise des antidépresseurs tricycliques (Clomipramine) et des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (Fluoxétine, Venlafaxine).

Pour les mouvements périodiques des jambes, un traitement par benziodiazepines, agents dopaminergiques ou opiacés est conseillé.

  • Traitement par pression positive continue :il s'agit d'un traitement utilisé dans les apnées hypopnées du sommeil. Il se présente sous forme d'un masque utilisé pendant le sommeil relié à un compresseur envoyant de l'air sous pression en continue. Il est efficace, mais contraignant (port du masque obligatoire toutes les nuits et à vie).
  • Autres traitements : relaxation, luminothérapie (exposition à la lumière, utilisée en cas de troubles du rythme circadien).

Où trouver de l’aide ?

  • Médecin généraliste : il est conseillé de demander l’avis de son médecin généraliste qui peut, le cas échéant orienter vers un spécialiste ;
  • Les Centres du sommeil  sont des unités spécialisés dans le diagnostic et le traitement des troubles du sommeil ;
  • Les associations d’usagers et groupes d’entraide mutuelle (GEM) apportent information, entraide et soutien.

Rédaction

Synthèse réalisée par Marc Oeynhausen à partir des documents : Doucet J. Kerkhofs M. « Exploration du sommeil chez l’adulte et l’adolescent », EMC Psychiatrie 2004 ; 119 (37 680 A 04) et Viot Blanc V. « Troubles du sommeil de l’adulte : hypersomnies, parasomnies et troubles circadiens », EMC Psychiatrie 2011 ; 148(37-680-A-06) : 1-11, décembre 2011. Mise à jour Psycom, septembre 2016

À retrouver sur http://www.psycom.org/Espace-Presse/Sante-mentale-de-A-a-Z/Troubles-du-sommeil
Information proposée et validée par Psycom Publiée le 27/10/2016
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