L’IVG quand on est mineure

Information proposée et validée par Santé publique France - Fil santé jeunes Publiée le 14/11/2016

Découvrir que l’on est enceinte alors que ce n’était pas prévu peut surprendre, voire inquiéter. On peut dans un premier temps se rendre dans un centre de planification où l’on sera accueillie et prise en charge. On peut alors s’entretenir avec un médecin pour une première consultation médicale. C’est un moment d’écoute et de dialogue, où le médecin nous informe sur les techniques d’IVG et nous propose une aide psychologique et/ou sociale.

Je suis enceinte, et ne suis pas sûre de vouloir poursuivre cette grossesse, que faire ?

On est ensuite orientée vers une conseillère conjugale et familiale pour un entretien psychosocial. Facultatif lorsque l’on est majeure, il est obligatoire pour les mineures et donne lieu à une attestation (selon l’article L. 2212-4 du Code de Santé Publique). Cet entretien permet de faire le point sur notre situation personnelle, sociale, familiale, scolaire, sur les circonstances de la grossesse, et sur notre souhait de la poursuivre ou non. Il s’agit aussi d’un moment où sera abordée la question d’informer ou pas nos parents et d’obtenir leur accord.

Faut-il l’accord des parents pour pratiquer une IVG ?

Oui, mais… En effet, la Loi du 4 juillet 2001 relative à L’IVG, l’article L.2212-7 du CSP, dit que si une jeune fille mineure non émancipée désire interrompre sa grossesse, la règle reste que le consentement des parents (ou des tuteurs légaux) doit être recueilli. Si toutefois elle désire garder le secret de l’IVG, la conseillère conjugale et familiale se doit, lors de l’entretien psychosocial, de l’encourager à informer ses parents. Si la jeune fille ne veut pas effectuer cette démarche, et que l’autorisation écrite des parents n’est pas obtenue, l’IVG et tous les soins afférents peuvent tout de même avoir lieu.

Mais la jeune devra se faire accompagner d’une personne majeure de confiance (une grande sœur, un prof, une amie etc…). Celle-ci sera alors son adulte référent pendant tout le parcours de l’IVG, telle une aide morale, et elle l’accompagnera dans ses démarches.

A qui se confier ?

Dire à ses parents qu’on est enceinte et que l’on veut interrompre la grossesse, ça peut faire peur : « que vont-ils penser de moi ? Vais-je les décevoir ? Vont-ils influencer ma décision ? Ou me punir ? Vont-ils au contraire réagir comme je le souhaite et m’accompagner dans mes démarches » ? Selon sa propre histoire, son caractère, le type de liens que l’on a avec ses parents, on peut choisir de leur parler ou pas.

Si on ne peut pas en parler avec eux, alors peut-être que l’on pourrait en discuter avec une personne en qui on a confiance (une amie, un frère, une tante…), pour se sentir moins seule ; elle peut nous aider à exprimer ce que l’on ressent, nous écouter et être de bon conseil.

Ensuite, il ne faut pas oublier l’autre protagoniste de cette histoire : notre partenaire. Que les liens soient forts ou pas, il peut être approprié de partager avec lui ce qui nous arrive. Peut-être se montrera-t-il effrayé et fuira son implication ? Ou peut-être se montrera-t-il concerné et voudra nous accompagner, nous soutenir dans nos décisions.

Enfin, les parents de notre petit ami peuvent aussi représenter des personnes ressources pour nous aider dans nos démarches – à condition de bien s’entendre avec eux bien-sûr ! En effet parfois on peut avoir l’impression qu’ils sont plus accessibles que nos propres parents, et il arrive que l’on ait naturellement envie de se confier à eux.

Peut-on me forcer à avorter ou bien à poursuivre ma grossesse ?

Non. Même si l’entourage familial ou proche (parents, copains etc…) tente de faire pression sur la jeune fille pour influencer son choix, selon l’article L. 2222-1 du CSP, la décision finale lui appartient, à elle et elle seule, quel que soit son âge.

Comment c’est pris en charge ?

La jeune mineure est totalement dispensée d’avancer les frais. L’IVG est prise en charge à 100%. Cette prise en charge est anonyme : la feuille de soins remplie par le médecin et le relevé des remboursements transmis par l’Assurance Maladie sont aménagés de façon à préserver la confidentialité de l’IVG réalisée. Les hôpitaux ont mis en place un système de codification pour toutes les IVG, qui déclenche une procédure de secret au niveau du décompte de la sécurité sociale. Ni l’acte, ni le remboursement n’apparaissent sur le décompte de la Sécurité Sociale.

À retrouver sur http://www.filsantejeunes.com/livg-quand-on-est-mineure-17579
Information proposée et validée par Santé publique France - Fil santé jeunes Publiée le 14/11/2016
Une équipe d’adultes aux compétences professionnelles complémentaires, habitués à répondre aux questions santé des jeunes. Nous avons tous l’expérience de l’écoute téléphonique sur le numéro vert Fil Santé Jeunes (0 800 235 236). Notre équipe est composée de professionnels de santé (médecins et psychologues) et chaque texte publié est validé par un comité de rédaction composé de plusieurs membres de l’équipe. Elle comporte aussi des professionnels du net. Notre accompagnement est totalement gratuit. Ce service est réservé aux jeunes de 12 à 25 ans
Santé publique France - Fil santé jeunes
Le contenu proposé vous a-t-il été utile ?